Le Salon du mariage gay fait des débuts discrets

Elisa Riberry

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Une quinzaine d'exposants 
était au rendez-vous.
Une quinzaine d'exposants était au rendez-vous. — C. Villemain / 20 Minutes

Dans un an, Laurène, 34 ans et Amélie, 27 ans, se diront oui. «Dans de jolies robes, à la mairie, avec les gens qu'on aime», glisse la plus âgée de ce couple qui, avant la loi Taubira, avait prévu de se marier «symboliquement». Alors forcément, le premier salon du mariage gay et lesbien, organisé ce week-end à l'Espace événementiel de l'hippodrome Lyon-Carré de Soie, était un passage obligé.

Un cadre rassurant


«Nous sommes venues chercher ce qu'on ne trouve pas ailleurs», explique Amélie. Comme une figurine pour pièce montée représentant deux femmes ou un faire-part au goût du jour. «Ce qu'on trouve dans le commerce est très cliché. Le couple lesbien est encore illustré par une femme féminine et l'autre masculine», ajoute Laurène, décidée à se rendre aussi cet hiver au traditionnel salon du mariage. Un pas que les dizaines de couples gays et lesbiens accueillis ce week-end ne sont pas tous prêts à faire. «Ils ont été tellement choqués par les manifs anti-mariage gay qui ont réveillé l'homophobie, que la majorité n'irait pas dans un salon classique. Ils auraient peur d'être jugés, d'avoir à se justifier», estime Jacques Marcout, chargé de la communication du salon. Un rendez-vous avec une quinzaine d'exposants, organisé presque dans l'intimité par Arnaud Languille, traiteur et propriétaire de l'espace événementiel de l'hippodrome, pour éviter toute manifestation d'opposants. Et prendre le pouls, dans une ambiance «gay friendly», d'une clientèle boudée par certains prestataires mais déjà convoitée par d'autres. Catherine Condamin, la directrice de Baccarat Lyon présente au salon, fait partie de la seconde catégorie. «Ces couples aiment les jolies choses et ont du pouvoir d'achat. C'est évidemment une clientèle intéressante qui ne serait pas forcément venue dans ma boutique », confie-t-elle.