«On a reçu 40 demandes»

Propos recueillis par Caroline Girardon

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L'avocat, Sylvain Cormier.
L'avocat, Sylvain Cormier. — C. Villemain / 20 Minutes

Certains diront parfois qu'il n'y a plus d'espoir. Mais d'autres se battent pour rétablir la vérité. L'avocat Sylvain Cornier a lancé en février le Projet Innocence. Inspiré du modèle américain, ce programme vise à réétudier les cas de détenus définitivement condamnés aux Assises mais mais qui clament toujours leur innocence. Estimant que la justice a parfois du mal à reconnaître ses erreurs, l'avocat entend faire avancer les choses. Pour cela, il s'appuie sur une trentaine d'étudiants de l'institut d'études judiciaires de Lyon (IEJ). A l'heure de la rentrée, le projet semble bien engagé.

Le projet a-t-il avancé ?

Pour l'instant nous sommes encore en phase de sélection de dossiers même si nous avons déjà une idée des affaires que nous allons étudier. Nous allons réellement démarrer en novembre lorsque les étudiants de l'IEJ feront leur rentrée. Par ailleurs, à la fin du mois d'août, on a reçu la confirmation officielle que le projet américain validait le projet français.

Qu'est ce que cela signifie ?

C'est super, car nous faisons ainsi partie du réseau international Innocence. Pour cela nous avons dû répondre à des critères très stricts de charte de confidentialité. Un exemple parmi d'autres, il faut tout rédiger : comment on écrit aux gens qui nous contactent, ce qu'on leur dit, comment on leur dit non. Il est obligatoire de détailler nos procédures du début à la fin.

Depuis le lancement, combien avez-vous reçu de demandes ?

On a dépassé les quarante demandes sérieuses, ce qui est beaucoup plus que ce à quoi on s'attendait. Au départ je pensais qu'on en aurait au plus une dizaine. Quarante c'est beaucoup.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

Déjà, le nombre d'affaires. Si on dit oui aux quarante dossiers, est-ce qu'on a la force de travail suffisante ? Non, on ne l'a pas actuellement. De fait, on a décidé de donner la priorité aux situations les plus urgentes c'est-à-dire les affaires où les personnes ont le plus d'années de prison à purger. Par ailleurs, il arrive que l'on nous amène un dossier où il manque des pièces. C'est un vrai désert.