FagorBrandt peine dans sa reconversion

Caroline Girardon

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FagorBrandt a été racheté en 2011.
FagorBrandt a été racheté en 2011. — C. Villemain / 20 minutes

L'impression d'aller droit dans le mur. Deux ans et demi après la reconversion annoncée de l'usine FagorBrandt de Gerland, une partie des salariés n'est pas totalement rassurée. Le site, spécialisé dans la fabrication de machines à laver depuis six décennies et voué à la fermeture en 2010, a été vendu à l'industriel Pierre Millet qui s'est lancé dans la production de voitures électriques et de filtres d'épuration.

Des objectifs ambitieux


«La réindustrialisation promise se fait attendre, elle ne s'est jamais réellement concrétisée», lâche Florence Lavialle, déléguée CGT. Aujourd'hui, la vente des utilitaires électriques ne représente que 5 % du chiffre d'affaires. «On avait prévu de fabriquer 528 voitures en 2012, presque 1 000 en 2013 pour arriver à 1 800 en 2014. Au final, on en a construit une soixantaine seulement», dévoile Paul Briglia, délégué CGT. «Les prix sont beaucoup trop élevés, avance un salarié. On arrive sur un marché où nos concurrents ont déjà une marque et un volume de commandes important. Nous ne sommes pas dans le même monde.» «Nous proposons du haut de gamme. Après, il est vrai que nous ne sommes pas en avance sur nos prévisions mais nous sommes dans les clous», répond Pierre Millet qui annonce que la fabrication de véhicules électriques représentera 25 millions d'euros du chiffre d'affaires en juin 2014. Soit autant que les machines à laver.

«Nous allons également lancer dans un mois, des gammes de vélos et de scooters», poursuit le chef d'entreprise. Une annonce qui laisse sceptique certains employés désireux de continuer à produire uniquement des machines à laver. «On a en France un vrai marché et ici à Lyon, un savoir faire. C'est un créneau qu'il ne faut pas perdre», conclut Paul Briglia soucieux de voir les effectifs se maintenir. En 3 ans, l'usine est passée de 546 à 409 salariés.