Le pont Raymond-Barre s'est enfin jeté à l'eau

Caroline Girardon

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Le pont Raymond-Barre est resté coincé sur sa barge, port Edouard-Herriot pendant toute la journée de lundi.
Le pont Raymond-Barre est resté coincé sur sa barge, port Edouard-Herriot pendant toute la journée de lundi. — C. Villemain / 20 Minutes

L'histoire du pont Raymond-Barre fera à coup sûr, parler d'elle pendant longtemps. La pose de l'ouvrage maintes fois repoussée en raison d'une série de couacs, a connu lundi d'énièmes rebondissements frisant un moment le ridicule.

Reprogrammé dimanche, le transfert du pont avait été retardé de 24 heures, le niveau du Rhône étant jugé peu suffisant pour permettre une bonne navigation. Lundi matin, tout était pourtant prêt pour que le pont puisse enfin quitter le port Edouard-Herriot et regagner le quartier de la Confluence. C'était sans compter sur l'ingénieur chargé de piloter l'opération. L'homme a préféré renoncer. Contre l'avis de sa direction, il a refusé de mener le transfert, estimant que la barge manquait de stabilité. En début d'après-midi, l'opération était une nouvelle fois officiellement reportée, frustrant ainsi les visiteurs venus assister à l'événement. «Ce n'est pas sérieux. On finit par passer pour des guignols», éructait Bernard Rivalta, le président du Sytral, très remonté. «Cet ingénieur a eu peur de la taille du colis, enchaînait amèrement Philippe Matière, PDG de l'entreprise ayant construit le pont. Il n'avait jamais manutentionné d'ouvrages de cette envergure.» D'âpres négociations ont alors été engagées avec l'entreprise Sarens, chargée du transfert. Contre toute attente, la barge a finalement été mise à l'eau vers 18 h 30 et pont est arrivé une demi-heure plus tard, au pied du musée des Confluences. L'ouvrage sur lequel circulera le prolongement de la ligne de tramway T1 dès le mois de février 2014, devrait être posé ce mardi. Enfin, si tout va bien…