Philippe Gillet : «Avec l'Université de Lyon, nous aurons plus de poids»

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Philippe Gillet, directeur du PUL et de l'ENS.

Quels intérêts les établissements ont-ils à adhérer à l'Université de Lyon ?

L'idée de cet établissement est de montrer qu'il existe, à Lyon, une réalité d'innovation et de formation de qualité qui va s'organiser au sein du Pres. En aucun cas, il ne s'agit de faire perdre aux établissements membres leur spécificité. En revanche, pour certaines missions fondamentales, sur la formation, la recherche ou la vie universitaire, cet outil commun nous permettra d'avoir plus de poids.

Comment ?

Cette année, par exemple, nous avons monté des dossiers pour avoir des réseaux thématiques de recherche avancée sur Lyon. Si nous ne les avions pas construits ensemble, jamais nous ne les aurions eus. Nous avons pour cela utilisé le Pôle universitaire de Lyon qui, même s'il n'est pas très performant, nous a montré que lorsque nous y allons ensemble, nous sommes gagnants.

L'Insa a pourtant refusé d'adhérer au Pres par crainte d'y voir ses spécificités « diluées »...

S'il en était ainsi, personne n'irait. L'Insa est encore en discussion pour voir s'il n'est pas trop risqué pour son image d'adhérer au Pres. Mais elle n'a pas refusé. Elle souhaite avoir des éléments plus détaillés sur la suite avant de nous rejoindre.

Que vont gagner les étudiants avec l'Université de Lyon ?

Outre la fierté d'appartenir à une grande université, cet établissement public offrira les mêmes droits et facilités aux étudiants, quelle que soit l'école dans laquelle ils étudient. Pour le logement, les réductions TCL, le sport, la culture, nous négocierons ensemble avec les acteurs et non plus chacun de notre côté. Nous représenterons 120 000 étudiants et plus seulement 5 000 ici et là... Ces 120 000 étudiants sont l'avenir de Lyon. S'il a eu une formation de qualité, l'étudiant sera un excellent ambassadeur pour la ville.

Pour cela, il faut aussi régler la problématique du logement...

Pour rattraper le retard, il faudra construire 1 000 logements par an pendant 15 ans.

Est-ce réalisable ?

Là n'est pas la question. On doit le faire. Notre ambition universitaire est aussi d'accueillir correctement les étudiants. On ne peut pas sans cesse répéter qu'on veut faire de Lyon une grande ville universitaire sans mettre les moyens pour y parvenir. Sinon, on va droit dans le mur.

A qui sont adressées vos récriminations ?

A tous ceux qui ont la compétence ou la volonté de faire des logements. Il y a le Crous, la ville, la région mais aussi les bailleurs privés. C'est de la responsabilité citoyenne de procurer les moyens à la jeunesse de faire des études. Et pour un étudiant, avoir un logement est la base de la réussite.

Qu'en est-il des nouveaux diplômes annoncés dès 2007 ?

Nous travaillons sur de nouveaux masters, notamment en biosciences, sur lesquels nous pourrions attirer des étudiants du monde entier. Il faudra mettre en place des formations en anglais, compréhensibles par tous. Mais il ne s'agit pas de faire un enseignement à deux vitesses, avec des masters de meilleure qualité pour l'université de Lyon que les diplômes spécifiques à chaque établissement.

Recueilli par Elisa Frisullo

Quelle que soit leur école, les étudiants auront les mêmes droits.