Gollnisch de retour devant les juges

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Après trois reports, le procès de Bruno Gollnisch aura-t-il enfin lieu ? Le numéro 2 du Front national, cité à comparaître aujourd'hui et demain devant le tribunal correctionnel de Lyon pour contestation de crime contre l'humanité, estime que « le procès n'a pas lieu d'être d'un point de vue juridique ». Wallerand de Saint-Just, l'avocat de l'élu frontiste, compte demander la nullité de citation car, selon lui, « en droit de presse, le parquet ne peut poursuivre une personne à partir de trois versions différentes d'un même propos ».

Le 11 octobre 2004, lors d'une conférence de presse, Bruno Gollnisch avait tenu des propos ambigus sur le « drame concentrationnaire », traduits les jours suivants de façon différente dans la presse. Le professeur de japonais juridique à l'université Lyon-III, suspendu de ses fonctions pendant cinq ans à la suite de cette conférence, n'avait pas remis en cause l'existence des camps de concentration. Mais il avait affirmé : « Il n'y a aucun historien sérieux qui adhère intégralement aux conclusions du procès de Nuremberg, je pense que sur le drame concentrationnaire la discussion doit rester libre. »

Au cours des débats très techniques de la matinée, un autre point devrait être longuement débattu. Dans le cadre d'une plainte parallèle déposée par le Mrap national (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) pour les mêmes faits, un complément d'information visant à la mise en examen de Bruno Gollnisch doit être rendu le 27 décembre. Jusqu'alors, le tribunal avait préféré attendre que cette procédure arrive à son terme avant de juger l'élu frontiste sur citation directe du parquet. Wallerand de Saint-Just demandera donc un sursis à statuer. Selon Jean-Olivier Viout, procureur général de la cour d'appel de Lyon, « rien n'empêche cependant les magistrats de la 6e chambre correctionnelle de juger à partir d'aujourd'hui cette affaire » qui traîne depuis deux ans.

Carole Bianchi