Rentrée floue à l'école des profs

Elisa Riberry

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L'objectif affiché est ambitieux : mieux former les profs pour améliorer la réussite de leurs élèves. Mais sur le terrain, les contours de la rentrée dans les Ecoles supérieures du professorat et de l'Education (Espé), lancée lundi à Villeurbanne par les ministres de l'éducation et de l'enseignement supérieur Vincent Peillon et Genevière Fioraso, sont encore flous. Il faut dire que les services académiques et les universités n'ont eu que quelques mois pour donner vie à ces établissements destinés à former les futurs profs, de la maternelle à l'université, sur le plan théorique et pratique.

2000 élèves formés à Lyon


« Ces écoles ouvriront à la rentrée mais nous aurons à les améliorer dans le temps », a concédé lundi le ministre de l'éducation Vincent Peillon. A Lyon, 2000 élèves, dotés d'une licence, intégreront dès septembre le master 1 Métier de l'enseignement, de l'éducation et de la formation. Un nouveau cursus dont les contenus, pas encore validés, ont dû être préparés à la hâte. Chargés d'élaborer le master d'histoire-géo, une quarantaine d'universitaires de l'académie ont rendu leur copie fin mai, sans cacher leur mécontentement. « La préparation de cette maquette s'est faite dans une précipitation et une désorganisation dommageables à la qualité du master qui sera proposé », ont-ils déploré dans une lettre adressée aux ministres. « Tout n'est pas encore organisé. La mise en œuvre de ces écoles ne sera pas facile, a estimé lundi Daniel Simon, professeur à Lyon 1 et responsable du projet d'Espé de l'académie de Lyon. Mais nous partons avec un existant, dans les IUFM et les universités. Cet existant va servir à ouvrir cette école. »

■ Une entrée progressive dans le métier

La formation repose sur un enseignement théorique et pratique qui sera dispensé dans les universités de Lyon et Saint-Etienne. Des modules consacrés à l'utilisation du numérique, la tenue d'une classe ou la gestion de conflit sont prévus. Les futurs profs entreront de manière progressive dans le métier, avec des stages en master 1, et un mi-temps d'enseignement prévu pour les élèves admis en master 2 à l'issue d'un concours.