«La NBA, c'est politique»

Propos recueillis par Stéphane Marteau

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Alain Digbeu, ici avec l'Asvel en 1997, n'a finalement jamais joué en NBA.
Alain Digbeu, ici avec l'Asvel en 1997, n'a finalement jamais joué en NBA. — D. Meyer / AFP

La nuit prochaine, Livio Jean-Charles pourrait marcher sur les traces d'Alain Digbeu, le seul joueur de l'Asvel à avoir été drafté en NBA. L'ancien ailier international revient sur cet événement qui ne lui a cependant pas permis de fouler les parquets de la Ligue américaine.

Quel a été le processus qui vous a conduit à être drafté en 1997 ?

Tout a commencé un an avant la draft. J'étais suivi par le scout des Clippers, mais surtout par celui d'Atlanta qui venait régulièrement à l'Astroballe sans que je m'en aperçoive. Mon agent avait préféré ne pas m'en informer pour éviter que je me mette trop de pression. La saison suivante, peu avant le Final Four de l'Euroligue, mon agent m'a annoncé que j'avais des chances d'être drafté. Au début, il m'avait promis un 1er tour, mais ça me semblait difficile. Il m'a ensuite laissé entendre que ce n'était pas important que je sois drafté au 1er ou au 2e tour. ça l'était pourtant. Mais à l'époque, je ne maîtrisais pas tous les tenants et les aboutissants de la draft.

Comment avez-vous vécu l'annonce de votre draft ?

J'ai suivi ça par l'intermédiaire de mon agent qui était sur place et qui, toute la nuit, m'a tenu informé par téléphone de l'évolution de la situation. Quand le 29e choix est passé, j'ai compris que je ne serais pas retenu au 1er tour et que j'allais galérer pour aller en NBA. Quand mon nom est sorti, j'étais déçu car j'étais obnubilé par l'idée d'être drafté au 1er tour. Je considérais que les joueurs sélectionnés au 2e tour étaient des losers.

Pourquoi n'avez-vous jamais évolué en NBA ?

Quelque part, c'était écrit. Je n'ai pas dû plaire aux dirigeants des Hawks qui attendaient peut-être davantage de moi. La NBA, c'est politique aussi. Aujourd'hui, quand je vois à quel point les joueurs sont exigeants avec leurs agents, je me dis que j'aurais dû l'être également. Mais à l'époque, j'étais timide et un peu lent pour prendre des décisions.

En nourrissez-vous des regrets ?

Je regrette de ne pas avoir été plus ferme pour imposer mes choix. Mais pour le reste, je suis fier de ce que j'ai fait. J'ai vécu de grands moments, notamment durant mes trois saisons à Barcelone. J'ai voyagé, appris des langues, côtoyé des grands joueurs. Pour un gamin de Vénissieux, c'est génial ce qui m'est arrivé !