Les ventes privéesconcurrencent les soldes

Caroline Girardon

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Les commerçants espèrent combler les mauvais résultats du printemps.
Les commerçants espèrent combler les mauvais résultats du printemps. — C. Villemain / 20 Minutes

«On mise sur les soldes mais je reste sceptique.» A la veille de l'ouverture des démarques d'été, Sophie, gérante d'un magasin de prêt à porter, espère pourtant se tromper. «On ne sent pas un engouement d'achat chez les gens, comme s'il y avait un frein psychologique, poursuit-elle. On ne voit pas de clientes venir faire de repérages. Les acheteuses fidèles sont déjà venues lors de nos ventes privées.» L'enseigne, qui a réussi à stabiliser son chiffre de vente malgré un printemps morose, reste très attachée à la pratique des soldes privées.

«On réalise le même chiffre que lors des premiers jours de soldes traditionnels», explique Sophie. Quelques rues plus loin, Marie-Charlotte, gérante d'une autre boutique de prêt-à-porter, abonde dans le même sens : «Les ventes privées ont très bien marché. Le samedi, on a réalisé 3 000 € de chiffres d'affaires contre 1 500 € pour un samedi classique. Malgré tout, cela ne nous a pas permis de rattraper notre retard.» Le mois dernier, l'enseigne a réalisé la moitié de son chiffre d'affaires habituel. «Ce n'est pas que les gens n'achètent pas, c'est qu'ils ne rentrent même plus dans le magasin», regrette la jeune femme. Patrice Saillard, directeur du magasin Father & Sons, a eu plus de chances puisque les ventes d'imperméables et de tenues de mariage ont permis de boucler une bonne saison. Mais lui aussi, peut remercier les soldes privées. «On réalise un meilleur chiffre que lors des soldes d'été traditionnels, explique-t-il. Cela se traduit généralement par une différence de 20 %. Les fidèles sont au rendez-vous car il y a plus de choix, moins de monde et quasiment les mêmes remises que pour les soldes d'été.»