Quand le jazz vire gipsy

Jérémy Laugier

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Chanteur dans des bars de strip-tease à 16 ans, diplômé de philosophie puis rock star avec Bijelo Dugme (6 millions d'albums vendus), Goran Bregovic a connu de nombreuses vies. À 63 ans, le dandy serbo-croate va présenter sa facette gipsy avec son Orchestre des mariages et des enterrements mardi prochain lors de la 33e édition de Jazz à Vienne (du 28 juin au 13 juillet). «À travers toute l'Europe, les gypsies sont à nouveau persécutés, a confié Goran Bregovic au Guardian en mars. Je veux simplement rappeler aux gens ce que la culture gipsy a donné au monde.»

Des concerts survoltés


Quoi de plus cohérent pour celui qui s'est aussi signalé en composant la bande originale du Temps des Gitans d'Emir Kusturica ? Face à un public en partie originaire des Balkans et qui reprend souvent à tue-tête des tubes comme «Ederlezi», «Kalachnikov» et «Bella Ciao», la musique de Goran Bregovic prend tout son sens en live. «Il m'avait donné l'impression d'être lessivé en arrivant, se souvient Thomas Prian, qui l'avait programmé à Woodstower 2011. Mais une fois sur scène, il avait offert un set très généreux.»

■ Jazz à Vienne

Seuls les concerts de Ben Harper et Santana sont complets. Surveillez jazzavienne.com car quelques places gratuites pourraient être distribuées pour les 11es Victoires du jazz vendredi.