Un mauvais roman d'amitié

Stéphane Marteau

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Ghislain Anselmini (à g.) a évolué durant six saisons à l'OL.
Ghislain Anselmini (à g.) a évolué durant six saisons à l'OL. — P. Guyot/AFP

Eloigné des feux des projecteurs depuis la fin de sa carrière professionnelle, Ghislain Anselmini (43 ans) revient sur le devant de l'actualité, mais dans la rubrique des faits divers. Selon Le Progrès, l'ancien défenseur de l'OL a été mis en examen et écroué le 23 mai pour une sombre affaire de home-jacking. Il est soupçonné d'avoir renseigné des malfrats qui ont voulu s'en prendre, il y a moins d'un an, à son ancien coéquipier, Fabrice Fiorèse (37 ans).

Ceux qui ont connu Ghislain Anselmini n'en reviennent toujours pas. «C'est un garçon très gentil, que j'appréciais beaucoup. Je n'ai jamais rien eu à lui reprocher durant les deux saisons qu'il a passées chez nous», témoigne Jacques Klauss, le président de l'Avenir Sportif de Genay. Car la quarantaine passée, Ghislain Anselmini continuait à écumer les terrains de foot de la région après une carrière professionnelle qui l'a conduit de Lyon (1991-1993 et 1994-1998) à Créteil (2000-2002), en passant par Guingamp (1998-2000). «C'était un bon joueur de L1, doté de qualités techniques intéressantes pour un défenseur, et gaucher de surcroît», souligne Guy Lacombe, qui l'a dirigé l'année de la montée de l'En Avant, en 2000. Fabrice Fiorèse, qui a brièvement côtoyé Anselmini à l'OL, faisait également partie de l'effectif breton. «Ils étaient souvent ensemble, se rappelle Lacombe. Ghis, qui était plus âgé, était un peu le grand frère de Fio. C'est étonnant qu'il se soit mis dans une merde pareille, car ils étaient très potes.»

Dirigeants à Saint-Tropez


L'amitié entre les deux hommes a en effet perduré en dépit de trajectoires contraires. Il y a deux ans, alors qu'il venait d'accéder à la présidence de l'Union sportive tropézienne, Fabrice Fiorèse n'avait pas hésité à engager son ancien partenaire comme manager général et à en faire l'unique salarié du club. «Nous n'étions pas convaincus par la nécessité de le rémunérer, car le club sortait d'une procédure de sauvegarde, indique Gilles Passis, le secrétaire général de l'UST. Mais Fabrice l'a soutenu, car il avait entièrement confiance en lui. Ils étaient vraiment très liés. C'est pourquoi je suis sidéré par cette histoire. J'ai le sentiment que ce sont des gamins, coupés de la réalité une fois leur carrière terminée. Fabrice semble avoir mieux géré le truc et s'être mis à l'abri du besoin contrairement à Ghislain qui était un bon petit joueur, mais qui n'a pas eu la chance de toucher le jackpot.»