L'appel contre le fascisme

Elisa Riberry
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Les jeunes nationalistes mobilisés le 17 avril contre le mariage pour tous.
Les jeunes nationalistes mobilisés le 17 avril contre le mariage pour tous. — C. Villemain / 20 minutes (archives)


Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lançait depuis Londres son célèbre appel. Ce n'est donc pas un hasard si SOS Racisme Rhône a choisi ce mardi pour donner à Lyon le coup d'envoi de sa campagne de «lutte contre l'extrême droite radicale, ses groupuscules violents et leur montée en puissance dans l'agglomération».



Mobilisation citoyenne



En préparation depuis des mois, cette initiative se concrétisera dès ce 18 juin par un appel à la résistance, déjà signé par une trentaine de personnalités du Grand Lyon. «L'objectif est de donner un cadre d'engagement à ceux qui souhaitent aller au-delà de l'indignation. Aux personnalités qui n'ont pas pris de position publique ou celles qui l'ont fait sans que cela se sache, mais aussi à tous les Lyonnais», précise Thomas Rigaud, vice-président de SOS Racisme Rhône. Premier signataire et parrain de la campagne, l'adjoint PS à la ville de Lyon Jean-Louis Touraine souhaite ainsi «rassembler contre le fascisme tous ceux qui sont attachés à la démocratie et aux valeurs de la République». «Nous ne voulons pas que Lyon puisse être ciblée et reconnue comme un lieu où peuvent se réunir des nationalistes, des xénophobes », lâche-t-il, comptant sur une forte mobilisation citoyenne.

Au-delà de l'appel, l'association proposera, dans le cadre de sa campagne, des conférences et des rencontres pour permettre à chacun de s'informer sur la situation locale et les groupuscules présents à Lyon. Un pôle juridique, spécialisé sur la question de l'extrême droite et basé sur un réseau d'avocats, doit également voir le jour pour améliorer «le combat juridique» contre les agissements de ces groupuscules.

■ Des petits groupes très organisés

Les jeunes identitaires lyonnais, les jeunesses nationalistes ou encore  le GUD… En deux ans, cinq groupuscules d'extrême droite se sont formés  à Lyon. La naissance de ces groupes, constitués de peu de membres mais très organisés et actifs, s'est accompagnée, selon SOS Racisme, d'une progression locale des actions xénophobes et discriminatoires. En quatre ans, l'association dit avoir enregistré 32 agressions liées à ces groupuscules.