Le roller derby comme sur des roulettes

Caroline Girardon

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Tous les moyens sont bons pour empêcher l'adversaire de passer, mais les coups de coudes sont interdits.
Tous les moyens sont bons pour empêcher l'adversaire de passer, mais les coups de coudes sont interdits. — C. Villemain/20 Minutes

Sur le terrain, elles ne se font pas de cadeaux, quitte à jouer des épaules pour déstabiliser l'adversaire et l'envoyer au tapis. Mais ne vous fiez pas aux apparences, car le roller derby, sport essentiellement féminin, est plutôt du genre bon enfant et particulièrement fair-play. À Lyon, où se déroulait ce week-end le «roller derby clash», près de 40 filles pratiquent cette discipline depuis moins de trois ans : elles s'appellent les Grrriottes Girrrls. «Lorsque nous avons créé l'association en juin 2011, nous étions une douzaine», raconte «Hélène Boo». Et de rajouter : «Ce sport permet d'avoir un esprit d'équipe et d'être très décalé.» Car les miss rivalisent de créativité côté look. Chaussées de leurs patins à roulettes, elles optent souvent pour un maquillage insolite et des shorts humoristiques. Un mélange de féminisme, de punk et de rockabilly.

«J'aime ce sport car il allie le physique, l'endurance, la technique et surtout la stratégie», confie «Mary Poppers», qui n'avait encore jamais chaussé de patins il y a trois ans. Et de la stratégie, il en faut pour s'imposer. Pas facile de devoir faire la course en tête quand on a un mur à franchir de quatre filles devant soi, prêtes à tous pour vous empêcher de vous faufiler et d'enchaîner les tours de piste. Pour autant, il n'est pas question de se crêper le chignon : les règles sont strictes. «Il est interdit de donner des coups de coude, de tête ou de se pousser dans le dos. On ne peut toucher que certaines parties du corps», dévoile Hélène. Les Grrriottes Girrrls s'entraînent trois fois par semaine. Leur souhait aujourd'hui : avoir un créneau fixe dans un gymnase dédié, afin de poursuivre leur ascension.