« Je vous promets du sang »

Caroline Girardon

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Le directeur était arrivé à Caluire en novembre 2011.
Le directeur était arrivé à Caluire en novembre 2011. — C. Villemain / 20 Minutes

Le directeur d'Auchan Caluire aurait fait de «Je vous promets du sang, de la sueur et des larmes» son slogan favori. Selon les syndicats FO et CFDT, l'homme, arrivé en novembre 2011, aurait réussi à instaurer un véritable climat de terreur auprès de ses salariés. Il aurait d'ailleurs été mis à pied à titre provisoire il y a une quinzaine de jours. Une vingtaine de cadres, de chefs de rayons ou de secteurs, victimes de «harcèlement» et «d'humiliation», seraient partis saisissant pour certains les prud'hommes.

Il imitait l'accent africain


«Qui est cet homme à qui on a donné un permis de détruire ? », s'alarme un salarié en arrêt maladie, dans un courrier adressé aux syndicats que 20 Minutes s'est procuré. Et de poursuivre : « La technique simple, consistant à déstabiliser les personnes, à les humilier publiquement et à petit feu les faire craquer […], à faire régner un climat de terreur pour mieux diviser.» «Lorsqu'il s'adressait aux salariés, il utilisait des termes comme»encéphalogramme plat«, »en état de mort clinique«. Il disait aussi :»Dans ce magasin, il y a plus de travailleurs handicapés que partout en France«», relate Guy Laplatine, délégué CFDT. Selon d'autres témoignages recueillis par les syndicats, ce directeur pouvait aussi imiter l'accent africain pour se moquer de salariés ou jeter du matériel par terre et demander qu'on le ramasse. «Il était le maître à bord après Dieu, déplore Guy Laplatine. La DRH a essayé de faire son boulot mais la direction générale ne lui en a pas donné les moyens car elle ne veut pas d'ingérence dans ses affaires.» «Ce cas n'est pas isolé. Il y a tout un arsenal de pression au sein du groupe, dénonce un délégué FO. La méthode est pernicieuse : on met des gens en porte à faux avec leurs collègues ou on leur fait passer des entretiens pour leur expliquer qu'ils seraient mieux ailleurs. Tout cela, associé à une charge de travail importante. Certains jours, vingt-quatre heures ne suffisent pas pour effectuer les tâches demandées.» «Nous avons eu un certain nombre d'alertes. Des mesures ont été prises pour procéder à des vérifications qui ne sont pas terminées», a indiqué la direction qui n'a pas souhaité s'exprimer davantage sur le cas de Caluire.