«Ce procès sera sans doute celui de l'omerta»

Caroline Girardon

— 

Lors d'un hommage rendu à Amar.
Lors d'un hommage rendu à Amar. — J.P Ksiasek/AFP (archives)

Dans le quartier, tout le monde appréciait sa bonhomie, son visage jovial et sa gentillesse. Parti acheter une bouteille de lait un dimanche après-midi de décembre 2009, Amar, 12 ans, a été tué au pied de son immeuble de Mermoz (8e). L'enfant s'est retrouvé pris dans une fusillade, un règlement de compte entre deux bandes rivales. A partir de mardi, les quatre auteurs présumés seront jugés devant la cour d'assises des mineurs du Rhône.

«On attend la vérité»


Si le tireur supposé des coups de feus mortels a reconnu les faits, les trois autres accusés nient en bloc. Notamment Hicham, un serrurier de 26 ans qui compterait déjà six condamnations à son casier, dont plusieurs pour port d'arme, violences et associations de malfaiteurs. Mis en examen pour assassinat et tentative d'assassinat, il est soupçonné d'avoir lui aussi tiré à la kalachnikov. «Mon client a toujours clamé son innocence, réagit Sylvain Cormier, son avocat. Il n'a visé, ni blessé personne. Il conteste sa présence ce jour-là. Le dossier présente des lacunes. L'accusation repose sur des coups montés et des renseignements anonymes. Il paie aujourd'hui pour d'autres.» Pas sûr que le discours passe auprès de la famille d'Amar. «On attend la vérité bien qu'on en soit relativement loin, répond Alain Jakubowicz, avocat des parties civiles. Ce procès sera sans doute celui de l'omerta, d'une bande de petits caïds qui font leur loi et qui inspirent la terreur à de braves gens. Pour eux, la loi du silence est plus forte que celle de la justice.» Encore traumatisés, les parents de la petite victime devraient néanmoins venir au procès. «La maman s'est enfermée dans un mutisme complet. Elle reste cloîtrée chez elle et pleure dès qu'on lui adresse la parole, raconte Alain Jakubowicz. Elle est incapable de tourner la page.»