Une décharge sauvage aux portes de la ville

Caroline Girardon

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Depuis août, 250 Roms vivent sur près trois hectares de déchets.
Depuis août, 250 Roms vivent sur près trois hectares de déchets. — C. Villemain / 20 Minutes

Des montagnes d'immondices qui s'amoncellent sur près de trois hectares. Des odeurs pestilentielles qui se répandent dans l'atmosphère. Voilà le spectacle étonnant qui s'offre à la vue de tous, aux portes de Lyon. Au fil des semaines, l'ancien gymnase de l'ASPTT, situé à Saint-Priest en bordure de l'autoroute A43, s'est transformé en décharge sauvage où vivent près de 250 Roms. Chassés d'un précédent squat, ils se sont installés à la fin du mois d'août.

«Les déchets industriels se sont accumulés. Et lorsqu'ils sont brûlés, il se dégage des odeurs de solvants et parfois de soufre», témoigne William Giraudon, sympathisant écologiste. Le Mac Donald situé juste derrière subirait de plein fouet les nuisances et aurait déjà vu fuir une partie de sa clientèle se garant à quelques mètres seulement des déchets.

«Le site est totalement libre d'accès. Certains en profitent pour venir décharger leur matériel comme il le ferait dans une déchetterie», avance William Giraudon. «Vu la quantité de déchets, cette hypothèse n'est pas à exclure. Elle ne peut pas provenir de la seule consommation des gens sur place», répond la mairie de Saint-Priest. La municipalité préfère renvoyer la balle dans le camp de la préfecture et de la société Poste Immo, propriétaire du site : «Il s'agit d'un terrain privé. Pourquoi est-ce à la mairie d'assumer le coût des opérations de nettoyage ? Au préalable, il faudrait déjà faire évacuer les lieux». Une expulsion prenant effet le 1er avril a été prononcée mais n'a pas encore été appliquée. «Nous avons déposé en préfecture une demande de recours à la force publique après le refus des occupants de partir», annonce Poste Immo, précisant qu'un expert mandaté par la ville avait reconnu la dangerosité des conditions d'occupation.