Un parkour qui reste peu connu

Caroline Girardon

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Joris et Loïc s'entraînent régulièrement dans le quartier de la Part-Dieu.
Joris et Loïc s'entraînent régulièrement dans le quartier de la Part-Dieu. — C. Villemain/20 Minutes

Un jour de vacances où il s'ennuyait fermement, l'idée lui est venue de s'essayer à un nouveau sport dont ses amis lui avaient parlé. Seul dans son coin, Loïc a commencé à pratiquer le parkour, ou l'art du déplacement. Une discipline popularisée grâce aux films Yamakasi ou Banlieue 13, qui consiste à se mouvoir dans l'espace, que ce soit en ville sur les murs, ou en forêt sur les arbres. En 5 ans, le jeune homme a acquis une dextérité et une souplesse qui lui permettent aujourd'hui de sauter de plus de 5 mètres.

Un documentaire en cours


Joris, lui, est tombé dedans vers 15 ans. Et depuis, il est devenu totalement mordu. «J'y pense tous les jours. Quand je marche dans la rue, je lève tout le temps la tête pour repérer des endroits où l'on pourrait sauter».

Loïc et Joris font tous deux partie de l'Association Parkour Lyon, qui recense une quinzaine d'adeptes. Une fois par semaine, ils coachent les derniers arrivés et s'entraînent un peu partout en ville. «Ce n'est pas évident de commencer tout seul. Au moment de sauter, on a souvent besoin de quelqu'un, ne serait-ce que pour être rassuré», explique Joris. «La première fois, j'ai hésité au moins vingt minutes avant de sauter, se souvient Loïc. Avec les novices, on s'exerce d'abord sur les lignes de parking puis sur des trottoirs. Il ne faut pas croire qu'au bout de deux semaines, on monte à 5 mètres. La priorité c'est d'abord d'acquérir une bonne technique.» Et d'être un peu casse-cou ? Non, si l'on en croit les deux adeptes. «Il vaut mieux ne pas en faire trop, sinon on ne va pas aller très loin», sourit Joris. «Le mieux c'est d'avoir peur car ça nous freine au début, poursuit Loïc. Quand on n'a pas la technique et qu'on se lance sans réfléchir, c'est là que ça peut devenir dangereux.»

Cette discipline sportive créée dans les années 90 reste peu connue du grand public et des institutions sportives traditionnelles. À Lyon, il n'existe que deux associations officielles sans compter les petits groupes marginaux. Ce qui ferait une centaine de pratiquants. Les deux amis réalisent actuellement un documentaire sur ce sport. Pour les 2 500 € qu'il leur manque, ils ont fait appel au financement participatif par le biais du site Mymajorcompany.