Les salariés de BASF toujours dans l'attente

Caroline Girardon

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Les salariés de BASF occupent leur site dans le 7e arrondissement depuis lundi matin.
Les salariés de BASF occupent leur site dans le 7e arrondissement depuis lundi matin. — C. VILLEMAIN / 20 Minutes

Ils ont choisi de se cacher derrière des masques blancs inexpressifs. Une façon de dire à leur direction qu'ils ont le sentiment d'être devenus transparents, voire invisibles. Les salariés de BASF Beauty Cares Solutions, spécialisés dans la fabrication d'ingrédients pour cosmétiques, sont en grève depuis lundi et occupent pacifiquement le site de Lyon.

Un groupe bénéficiaire


Au mois d'octobre, la direction a annoncé son intention de regrouper l'ensemble de la production près de Nancy. Et de ne laisser qu'une vingtaine de salariés sur 150 à Lyon. En février Jean-Charles Foddis, ancien directeur de l'unité lyonnaise a déposé une offre de reprise proposant de sauvegarder 50 emplois. Depuis, peu d'informations ont filtré. Les salariés se disent dans l'attente et aimeraient qu'un accord soit signé avant l'été.

«Le serpent se mord la queue. L'ambiance est actuellement irrespirable. Elle se dégrade de jour en jour», déclare Frédéric Jouvet, membre du Comité central d'entreprise (CCE). «Ça fait six mois que nous travaillons et que nous dégageons de l'argent, poursuit Emmanuel Vincent, secrétaire du CCE. Les salariés ne savent plus à quel saint se vouer. Ils aimeraient être fixés sur leur sort.» «Une solution s'ébauche, alors nous demandons que tout le monde se mette autour de la table, déclare Serge Pétrequin, membre du CCE. Nous avons tout pour y arriver : le carnet de commandes est saturé jusqu'en juillet. Nous avons le savoir-faire et un acheteur». Selon les syndicats, BASF, qui réalise un chiffre d'affaires de 75 milliards d'euros et qui a reversé 2, 6 milliards d'euros de dividendes aux actionnaires l'an passé, ne serait pas encore parvenu à trouver un accord financier avec le potentiel repreneur.

En attendant, les élus ont rendez-vous avec la direction mercredi à Levallois pour de nouvelles discussions. S'estimant victimes d'un «PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) de confort», ils n'excluent pas de saisir la justice ces prochains jours.