La prison Saint-Joseph entame sa mue

Caroline Girardon

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c. Villemain / 20 minutes

Il se dit «envahi de sentiments contradictoires». Alors que les travaux de reconversion de la prison Saint-Joseph viennent de commencer, Bernard Bolze, fondateur de l'Observatoire international des prisons est «sidéré de redécouvrir la qualité architecturale de ce bâtiment» devenu pourtant au fil des ans «un lieu de vie de piètre qualité».

Les travaux de démolition entamés en novembre sont aujourd'hui terminés. Si la chapelle de la prison, située au cœur de l'îlot, et le mur d'enceinte longeant le quai Perrache ont été conservés, seul un des six bâtiments abritant les cellules des détenus, sera réhabilité. Les autres, qui ont été détruits, feront place à 11 300 m2 de bureaux, 107 logements en accession, 54 logements sociaux et une résidence intergénérationnelle gérée par Habitat et Humanisme.

Livraison du projet en 2015

«Un tiers du site est en réalité conservé, précise Jean-Jacques Ory, architecte en charge du projet. Mais comme il s'agit d'un lieu de mémoire et de souffrance, nous n'avons pas souhaité en faire trop en terme d'architecture. Nous avons fait un effort de simplicité par rapport aux zones plus audacieuses qui se trouvent de l'autre côté du quartier (Confluence).»

«Cette prison avait été conçue en forme de peigne. Baltard avait voulu en faire un lieu de rédemption et de reconstruction morale plutôt qu'un lieu d'expiation, poursuit Frédéric Didier, architecte des Bâtiments de France. C'est la raison pour laquelle il a des allures de forum romain et de couvent. Et c'est cette partie que nous avons notamment voulu valoriser». Identique à un cloître, l'espace dans lequel se trouve la chapelle, deviendra un jardin ouvert au public. Il permettra de relier l'îlot Saint-Paul, où sera construite la future université catholique de Lyon. L'ensemble du projet devrait être livré en 2015.