Le Bistroy dans la tenaille municipale

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Le Bistroy fête ses dix ans avec un nouveau procès pour nuisances sonores. Hier, Guy Pierre Turco, gérant de ce café-concert emblématique des Pentes de la Croix-Rousse (1er), a demandé au juge de paix du tribunal de police de Lyon de lui épargner une nouvelle fermeture administrative. Et déploré d'être la « victime d'une guéguerre politique au sein de la mairie, qui aide le lieu d'un côté et l'écrase de l'autre ». Depuis 2005, le Bistroy est en effet subventionné par le service culturel de la ville de Lyon, au titre du dispositif « émergences, lieux de premières représentations ». Mais ce tremplin pour les jeunes artistes est aussi, depuis février, dans le collimateur du département de l'Ecologie urbaine de la ville. Ce service a relevé des niveaux de fréquences sonores élevés aux abords du Bistroy. Le constat des variations de décibels dépassant le niveau autorisé a cependant été, hier, contesté par un autre rapport présenté par la défense. Déjà condamné en 2005, le Bistroy avait réalisé de lourds travaux d'insonorisation pendant la durée de la fermeture imposée. En situation de récidive, l'établissement risque désormais une peine d'amende maximale de 3 000 e. Elle a été requise hier par le procureur, pour qui « le bruit en ville, c'est peut-être de la culture, mais c'est surtout des gens qui ne dorment pas ». Plusieurs voisins du café-concert se sont en effet constitués parties civiles, réclamant en dommages et intérêts des sommes allant de 3 000 à 4 900 e. La décision sera rendue le 15 novembre prochain.

Dalya Daoud

Un concert de soutien au Bistroy est organisé ce vendredi 13 octobre, à la salle Rameau (Lyon 1er), avec le groupe de rock Ange. Une pétition circule sur le site Web du bar : www.bistroy.com