Des agents TCL licenciés après des contrôles fictifs

Elisa Riberry
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Les agents passaient des cartes perdues ou leurs propres cartes pour faire croire qu'ils contrôlaient (illustration).
Les agents passaient des cartes perdues ou leurs propres cartes pour faire croire qu'ils contrôlaient (illustration). — C. Villeùain / 20 minutes


Au département Contrôle et intervention des TCL, l'affaire risque de laisser des traces. Après plusieurs semaines de procédure disciplinaire, douze contrôleurs viennent d'être sanctionnés par la direction de Keolis Lyon pour de fausses déclarations d'activité. Selon nos informations, quatre d'entre eux ont écopé d'un blâme, d'un avertissement ou ont été rétrogradés. Et huit agents, dont plusieurs arrivés en fin de carrière, ont été licenciés pour faute professionnelle. 

Les faits, révélés en février, remontent à la fin 2012. «Pour faire croire qu'ils contrôlaient des usagers, ils badgaient leurs propres cartes Técély ou des cartes déclarées perdues», expliquait en février la direction de Keolis Lyon, qui se refuse désormais à tout commentaire sur le fond de l'affaire. «La grande majorité de nos agents assermentés font très bien leur travail. Nous voulons tourner la page», précisait-on jeudi chez Keolis. Ce qui n'est pas gagné, à en croire les syndicats. «On a le sentiment que la direction les a sanctionnés de la sorte pour faire un exemple. Elle pouvait les rétrograder, les remettre au volant d'un bus. Sans aller jusqu'au licenciement pour faute, estime Denis Fay, délégué Unsa-TCL. Ces mesures manquent d'humanité.» 

L'UGICT-CGT, qui a critiqué à plusieurs reprises «la pression du chiffre exercée sur les contrôleurs» pour atteindre des objectifs impossibles à réaliser, a dénoncé «cette injustice». L'organisation, injoignable jeudi, a fait savoir, sur son site Internet, qu'elle envisageait d'attaquer Keolis Lyon en justice, après «ces sanctions disproportionnées».