La famille Billotet mobilisée contre le non-lieu des policiers

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Les policiers qui ont abattu Nicolas Billotet à bord d'une voiture volée seront-ils jugés ? L'avocate de la famille de ce jeune homme de 23 ans a demandé hier à la chambre de l'instruction de revenir sur l'ordonnance de non-lieu dont ont bénéficié au printemps dernier les six fonctionnaires présents lors de la fusillade.

Le 13 mars 2003, sur un parking résidentiel de Saint-Rambert-le-Haut (Lyon 9e), Nicolas Billotet, garçon sans histoire, prend le volant d'une Audi S8 déclarée volée. « C'était un amoureux de belles voitures. Je suppose qu'il a voulu l'essayer », avance son père Georges. Selon les policiers du groupement d'appui de la police de proximité du 9e qui surveillent la voiture, le jeune homme aurait alors foncé en direction de trois fonctionnaires. Ils ouvrent le feu à huit reprises. La réplique est mortelle. « Légitime défense », selon le juge d'instruction. « Cette thèse ne tient pas car ils pouvaient faire autrement. Les policiers étaient en planque depuis plus d'une heure. Ils auraient pu l'interpeller avant », estime l'avocate Yanina Castelli. « La décision du juge est en contra- diction avec les conclusions de la Commission nationale de déontologie de la sécurité [CNDS] », observe le comité de soutien à la famille. Dans un rapport publié en 2004, la CNDS avait pointé les faiblesses de l'enquête sur cette opération de police « totalement improvisée, réalisée en dehors de tout encadrement ». La chambre de l'instruction donnera sa réponse le 26 octobre.

Frédéric Crouzet

Un collectif de personnalités vient de se constituer « au côté de la famille de Nicolas Billotet pour que l'action de la justice ne s'éteigne pas ». Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme, l'écrivain Gilles Perrault, le sénateur PCF Guy Fischer et le directeur du TNP Christian Schiaretti en font partie.