Les enfants du bidonville à rude école

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Au bidonville de Villeurbanne, la scolarisation des enfants peine à se mettre en place. L'inspection académique (IA) du Rhône avait pourtant suscité jeudi dernier un fort entousiasme auprès des 150 familles de Roms installées sur le site en distribuant des affectations d'école à une cinquantaine d'élèves. Mais cinq jours plus tard, seuls les collégiens sont retournés en classe. Et la majorité des écoliers, comme Raella, Simona et Milcha n'ont pas été acceptés dans les établissements désignés à Vaulx, Bron, Villeurbanne et Décines.

« Les directeurs d'établissements n'étaient même pas au courant de la directive de l'IA et nous ont renvoyés vers les mairies concernées pour inscrire les enfants », témoigne Clélia Murat, de l'association Classes d'aide à la scolarisation des enfants des squats. Lundi, les bénévoles ont repris le chemin des écoles puis celui des mairies, ont essuyé des refus, trouvé des accords pour finalement apprendre, en fin de journée, « la suspension des inscriptions jusqu'à nouvel ordre ». « L'inspection académique ne nous a donné aucune justification », dénonce Clélia Murat, écoeurée par « ce nouveau recul » des autorités.

Une version contestée par l'IA du Rhône, qui indique avoir rempli sa mission. « Les mairies doivent maintenant valider nos propositions d'inscriptions, souligne l'inspecteur académique adjoint Gérard Arrambourg. Nous ne pouvons pas aller plus vite que les municipalités. » Parmi les quatre mairies concernées, celle de Villeurbanne a déclaré hier que six enfants étaient scolarisés dans deux écoles de la ville. Pour les autres, selon le réseau Classes, les discussions se poursuivent.

Elisa Frisullo

Le bidonville de Villeurbanne compte près de 200 adultes et 100 enfants. Fin août, un premier projet de scolarisation avait échoué après l'évacuation des familles d'un autre terrain vague situé à Saint-Priest.