Bientôt une « star ac' » catho à lyon

Caroline Girardon

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Benjamin ( à gauche) et Thomas Pouzin se laissent jusqu'à juin pour trouver les candidats.
Benjamin ( à gauche) et Thomas Pouzin se laissent jusqu'à juin pour trouver les candidats. — C. VILLEMAIN / 20 Minutes

«L'Eglise a vraiment un siècle de retard.» Pour Thomas et Benjamin Pouzin, fondateurs du groupe lyonnais de « pop louange » Glorious, le constat est sans appel. «Elle est aujourd'hui fatiguée, elle vieillit à vitesse grande V, explique Benjamin, las de voir des bancs vides et des sacristies désertes. Aujourd'hui, 80 % des croyants ne vont plus à la messe le dimanche car ça rassemble plus souvent à un enterrement. C'est triste et rien ne leur parle.» Afin d'«insuffler un vent frais» et de renouveler l'institution, les deux frangins ont décidé de lancer une «Worship Academy» (école de louange), la première en France. Après sélection, huit jeunes musiciens passeront un an à Lyon, où ils seront formés. Dès le mois de septembre, ils travailleront sur la préparation d'un album, apprendront à préparer des concerts ou animer des temps de louanges, et suivront en parallèle une formation spirituelle.

Casting à travers la France


Le groupe a lancé jusqu'à mi-juin un vaste casting* à travers toute la France pour recruter des musiciens ayant la foi et âgés de 18 à 25 ans. Pas de lumière rouge, ni de morceaux a cappella devant le jury, les candidats seront choisis en fonction de la maquette qu'ils enverront. «Que ce soit clair : le classique et la musique du XVIIe siècle, dehors, on n'en veut pas ! », sourit Benjamin. «L'église ne s'est jamais adaptée aux cultures actuelles, poursuit Thomas. À nous de la faire rentrer dans le XXIe siècle». À l'instar des églises évangéliques aux Etats-Unis, le duo mise avant tout sur le gospel et la pop. «Lorsque nous sommes arrivés à l'église Sainte-Blandine (2e), il y a deux ans, on a commencé par enlever l'orgue et on a fait changer tout le système audio, raconte Thomas. On a investi dans des guitares, une batterie et un écran géant qui a remplacé les feuilles de chants à l'ancienne.» Résultat : d'une centaine de fidèles, la paroisse est passée à 800 chaque week-end.