Kem One en cessation de paiements

Elisa Riberry

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Une employée de la société Kem One, lundi, dans les locaux de l'entreprise.
Une employée de la société Kem One, lundi, dans les locaux de l'entreprise. — C. Villemain / 20 minutes

«Tout ce qui se passe, on l'avait imaginé.» Huit mois après la création de Kem One Sas, née de la cession du pôle vinylique d'Arkema au financier américain Gary Klesch, les syndicats sont en train de voir leurs pires craintes se confirmer. Lundi, lors d'un comité central d'entreprise extraordinaire (CCE) convoqué à Lyon, Kem One a présenté «un projet de demande d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire». Cette requête, qui doit être déposée mardi au tribunal de commerce de Lyon, «concerne les cinq usines françaises de l'entreprise», a précisé une porte-parole de Kem One.

Une cession très critiquée


La moitié des 2 600 postes de la société de chimie est concernée. «Dont près de 700 à l'usine de Saint-Fons, à Balan dans l'Ain et au siège social de Lyon», précise Didier Chaix, délégué CGT Kem One. Le groupe, en cessation de paiements, aurait indiqué lundi lors du CCE, accuser près de 290 millions de dettes, selon un syndicat. Un chiffre non confirmé par l'entreprise, dont les difficultés s'expliquent en partie par la conjoncture économique européenne. Mais pas seulement. «La crise a bon dos dans ce dossier, a réagi Jean-Michel Rovida, délégué CFDT Kem One. Arkema a cédé ce pôle sans s'assurer de la pérennité des activités et a envoyé tout le monde au casse-pipe. Il doit reconnaître ses torts et reprendre le pôle.» Un point de vue partagé par la CGT, très critique aussi vis-à-vis de Gary Klesch. «Ce n'est pas pour rien qu'on refusait la cession du pôle par Arkema. On s'était renseigné sur lui. C'est un dépeceur d'entreprises. Il a repris le pôle pour 1 euro symbolique avec 100 millions de trésorerie et aujourd'hui, il n'y a plus rien», ajoute Didier Chaix, soucieux que l'Etat intervienne dans ce dossier. Présent lundi à Lyon au forum Biovision, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg s'est dit «extrêmement préoccupé» par la situation de Kem One. Il a demandé que Gary Klesh «assure ses engagements».