Le ras-le-bol des voyageurs du Lyon-Ambérieu

©2006 20 minutes

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Ludivine, 22 ans, aimerait bien pouvoir réviser ses cours dans le train. Mais dans le TER « de 6 h 53 » qui relie Ambérieu à Lyon, toujours bondé et régulièrement en retard, c'est mission impossible. Lundi matin, 7 h. Le quai de la gare Meximieux-Pérouge, dans l'Ain, est noir de monde. Derrière les vitres embuées des quatre wagons qui s'arrêtent, les usagers ne distinguent déjà plus beaucoup de sièges en cuir marron disponibles. Comme presque tous les matins, Ludivine va voyager debout et jouer des épaules jusqu'à la gare de la Part-Dieu, soit 30 minutes en théorie. Cette étudiante en droit à Lyon-III a fait le choix de laisser sa voiture au parking depuis septembre, le péage et l'essence étant devenus trop chers. Mais entre son abonnement TER de 67,80 euros par mois, et celui des TCL, « cela fait au total 110 euros pour voyager debout ! Je me demande si j'ai vraiment fait le bon choix », indique-t-elle exaspérée. A ses côtés, Nathalie, 38 ans, informaticienne, voyage sur cette ligne depuis six ans. Ce matin, elle a réservé une place sur le TGV Lyon-Paris de 8 h. « J'ai dû prendre deux TER d'avance pour être sûre de ne pas rater ma correspondance. Je n'ai plus confiance en cette ligne. » Et d'ajouter : « Parfois, ça m'arrive de payer systématiquement une demi-heure supplémentaire à la nourrice pour être tranquille. » La promiscuité dans le train fait que Jérôme, agent à la SNCF, ne tarde pas à s'immiscer dans la conversation : « Neuf fois sur dix, les trains arrivent à l'heure. Il ne faut pas tout mettre sur le dos de la SNCF car il y a aussi des problèmes de livraison de matériel », assure-t-il. A 7 h 38, le train express régional arrive enfin à la Part-Dieu et délivre ses voyageurs compressés. Ce matin, il n'a que sept minutes de retard. Ludivine s'assiéra à l'heure sur les bancs de l'université.

Carole Bianchi