Le long bras de fer de l’introduction des clubs en Bourse

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La Bourse de Paris montait lundi à la mi-séance, le CAC 40 gagnant 0,22%, les échanges restant très modestes dans l'attente de deux statistiques américaines.
La Bourse de Paris montait lundi à la mi-séance, le CAC 40 gagnant 0,22%, les échanges restant très modestes dans l'attente de deux statistiques américaines. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Le projet de loi sur l’introduction des clubs sportifs en Bourse, adopté le 21 septembre en Conseil des ministres et discuté à partir de mardi 3 octobre à l’Assemblée nationale (dans le cadre du projet de loi sur la participation) doit permettre aux clubs professionnels français de faire appel à l’épargne publique. Il est l’aboutissement d’un long bras de fer entre les formations de football d’élite emmenées par Lyon et le ministre des Sports Jean-François Lamour.
Dès 2002, le président lyonnais Jean-Michel Aulas avait mené la fronde contre l’interdiction d’entrée des clubs en Bourse, introduite sous le gouvernement Jospin, en 1999, dans la loi sur le sport du 16 juillet 1984. Une barrière reconduite sous les gouvernements Raffarin et Villepin par le ministre des Sports, Jean-François Lamour, ce dernier arguant d’un risque pour « l’équité sportive ».
Jean-Michel Aulas a ainsi perdu une première bataille le 10 décembre 2003 quand l’Autorité des marchés financiers a refusé le principe d’accès à l’appel à l’épargne publique de sociétés holdings détenant des clubs de football, comme dans le cas de l’OL. Mais le lobbying du dirigeant rhodanien, notamment auprès des instances européennes, a fini par payer. Le 14 décembre 2005, la Commission européenne demande à la France de modifier sa législation, qui constitue « une entrave injustifiée à la libre circulation des capitaux ». Malgré les dernières réticences de Jean-François Lamour, la France cède, permettant à l’OL, le plus gros budget de la Ligue 1, de commencer à courir derrière les épargnants.
Le club lyonnais reste toutefois un cas à part, et la loi ne devrait pas amener de nombreux clubs en Bourse. Les prétendants devront en effet présenter dans leur dossier d'introduction «un projet de développement de leur activité sportive ». Construction d'un stade, développement d'activités commerciales... seules quelques équipes ont les reins assez solides. Et même pour les géants du Championnat, l'opération n'est pas sans risque. « Le sport est économiquement risqué parce qu'il se joue à deux, note Jean-Paul Minquet, professeur de finance à l'ESCP-EAP. Le stade n'est rempli à coup sûr qu'avec deux têtes d'affiche. » Ailleurs en Europe, on observe un mouvement inverse. Ainsi, Manchester United, champion de la City, a préféré quitter la Bourse en 2004.