Les Pentes se redressent

Lisa Castelly

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De nouvelles enseignes sont venues redonner de la vie au quartier.
De nouvelles enseignes sont venues redonner de la vie au quartier. — C. Villemain/20 MINUTES

Les nouvelles boutiques ont fleuri ces derniers mois sur le bas des pentes de la Croix-Rousse. Jeunes créateurs, salons de thé et épicerie bio, des vitrines coquettes qui tranchent avec l'image d'un quartier négligé et mal fréquenté. Onze échoppes ont été remises en état dans le cadre de la «revitalisation» menée par la mairie et le Grand Lyon depuis 2010. Dix sont déjà occupés par des enseignes sélectionnées sur dossier. Toutes correspondent à un «style bas des pentes» : alimentation bio, mode éthique, jeunes créateurs… Parmi elles, Le Cabinet des Curieuses, boutique de lingerie et de prêt à porter féminin, inauguré le 5 décembre. Bélinda et Charlotte, les gérantes, sont très satisfaites de leur installation : «Il n'y avait pas de pas de porte et le loyer est très correct. Sans ça, ce n'était pas possible de payer un local si près des Terreaux !»

«Des efforts restent à faire»


Au niveau de la sécurité, deuxième axe majeur de cette revitalisation, les riverains constatent des améliorations. «Lorsque je me suis installée il y a 5 ans, des dealers étaient arrêtés devant ma porte, et je me suis fait voler mon enseigne, raconte Edwige Lepon-Tarchi, céramiste et membre de l'association Art Pentes. Aujourd'hui, ça a bougé. Les touristes et les connaisseurs viennent plus volontiers. Mais des efforts restent à faire, notamment sur la propreté.» «ça n'a plus rien à voir avec la situation d'il y a trois ans, mais l'état de la rue et les jeunes qui traînent, cela peut être dissuasif pour les clientes», déplore aussi Bélinda, précisant tout de même avoir de «bons contacts» avec la police, très présente sur le secteur. A la Mairie, on pense voir ces problèmes se résorber progressivement. Pour Jean-Louis Touraine, député et adjoint à la sécurité, le quartier est devenu «beaucoup plus fréquentable. Une lutte active contre la délinquance et les trafics est menée. Le périmètre est restreint, c'est faisable. Maintenant il faut travailler au comportement de chacun pour en finir avec les incivilités.»

■ Des médiateurs pour renouer le dialogue

A partir du mois d'avril, trois médiateurs sociaux patrouilleront de 15 h à 22 h sur les pentes. «Leur rôle sera complémentaire de celui des policiers, il s'agit de pacifier les rapports entre riverains et d'aider à réinsérer ceux qui en ont besoin», précise Xavier Rochefort, directeur de l'Association Lyonnais pour la Tranquillité et la Médiation, en charge du projet.