Cambriolages en série dans le Grand Lyon

Elisa Riberry
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Les 3e, 7e et 8e arrondissements sont les principales cibles des cambrioleurs.
Les 3e, 7e et 8e arrondissements sont les principales cibles des cambrioleurs. — C. Villemain / 20 minutes


Ils agissent en trois minutes chrono, selon la police. Le temps de fracturer la porte, de s'emparer des bijoux, numéraires, ordinateurs, et de filer à l'anglaise. En 2012, dans le Grand Lyon (zone police), comme au niveau national, le nombre de cambriolages s'est envolé, avec 8 113 faits à déplorer (+ 15 %). La hausse est forte dans les garages et les caves, faciles d'accès (+30 %), et dans les résidences principales (+ 16 %), qui représentent la moitié des vols par effraction. 

Lyon n'a pas échappé à ce phénomène, avec un bilan très variable d'un arrondissement à l'autre. Dans le 2e, les faits ont ainsi baissé de 30 %, mais ont explosé dans les 3e (+36 %), 7e (+29 %) et 8e arrondissements (+38 %), selon Jean-Marc Rebouillat, chef de la sûreté départementale du Rhône.



Délinquance de l'Est



«Les arrondissements les plus touchés concentrent beaucoup de squats. C'est sans doute l'une des explications», explique-t-il. Depuis l'automne, bon nombre des faits constatés sont imputables à des réseaux venus de l'Europe de l'Est et du Sud, «rompus à ce genre de délits», et difficiles à arrêter. En 2012, seuls 9 % des cambriolages ont été élucidés dans le Grand Lyon. «Même si nous retrouvons leurs empreintes ou leurs ADN, encore faut-il pouvoir retrouver les auteurs des faits. Il s'agit souvent de populations itinérantes », ajoute un enquêteur. En janvier, une jeune fille de 16 ans, d'origine serbe, a ainsi été interpellée en flagrant délit à Lyon après une série de vingt cambriolages en deux jours. Elle arrivait de la région parisienne, où une trentaine de vols lui sont imputés. Le 24 février, un Géorgien de 26 ans, arrêté dans le 7e, est soupçonné de dix-sept cambriolages dans les résidences étudiantes des 3e et 7e. Et la traque policière se poursuit pour tenter de mettre la main sur des «bandes structurées venues de l'Est», qui sévissent actuellement sur l'agglomération. Des délinquants qui ont déjà plus d'une cinquantaine de faits à leur actif, en un mois.