Le Grand Lyon sort les griffes pour ses quartiers en difficulté

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La contre-attaque s'organise pour la défense des quartiers difficiles de l'agglomération. Hier, 23 maires de la communauté urbaine ont écrit au ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Boorlo pour lui demander « un sursis » à la mise en place de la nouvelle carte des territoires prioritaires. Un dispositif qui doit remplacer dès le 1er janvier 2007 les contrats de ville par les contrats urbains de cohésion sociale (Cucs), qui écartent des 23 sites protégés du Grand Lyon 14 quartiers en difficulté. Parmi eux, les trois secteurs lyonnais Moncey (3e) Santy (8e) et les Pentes (1er). «Toutes les actions culturelles, sportives, socio-éducatives y sont remises en cause », explique Louis Lévêque, adjoint au maire chargé de la politique de la Ville.

« Inquiets », les maires du Grand Lyon ont sollicité auprès de l'Etat un prolongement de la carte actuelle des territoires prioritaires en 2007. « Le temps de préparer les futurs contrats avec le prochain gouvernement », ajoute Louis Lévêque. Au niveau régional, où près de 70 % des contrats de ville ont été supprimés, le président PS du conseil régional Jean-Jack Queyranne a regretté hier que « l'Etat réduise son action dans les quartiers sensibles, alors que nous y renforçons notre engagement ». La région doit d'ailleurs proposer en novembre à l'assemblée le vote des contrats solidarités, destinés à soutenir les sites en difficulté « sans se substituer à l'Etat ».

Elisa Frisullo

Les contrats de ville visaient à améliorer la vie quotidienne et l'environnement urbain des populations des quartiers défavorisés. Le Cucs cible l'habitat et le cadre de vie, l'accès à l'emploi et le développement économique, la réussite éducative, la santé, la citoyenneté et la prévention de la délinquance.