Baby et Népal échappent au cimetière des éléphants

Caroline Girardon

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Le sort de Baby et Népal est désormais entre les mains du tribunal administratif de Lyon. (Archives)
Le sort de Baby et Népal est désormais entre les mains du tribunal administratif de Lyon. (Archives) — C. VILLEMAIN/20 Minutes

Le préfet du Rhône serait-il allé vite en besogne ? Mercredi, le Conseil d'État a suspendu l'arrêté ordonnant l'euthanasie de Baby et Népal, les deux éléphantes du parc de la Tête d'Or, soupçonnées d'avoir la tuberculose. Dans son jugement, il estime qu'«il existe un doute sérieux quant au caractère proportionné du choix de la mesure d'abattage». En résumé, selon le Conseil d'État, les tests effectués il y a plus de deux ans sur les pachydermes s'avèrent «peu probants» et ne permettent pas d'affirmer que les animaux sont malades. Il déclare également qu'il y avait une «possibilité technique d'effectuer des examens complémentaires» et que les mesures déjà prises par la préfecture pour isoler les pachydermes «peuvent être maintenues ou renforcées.»

«C'est un soulagement. Le préfet du Rhône n'a rien voulu entendre ni rien faire pour connaître l'état sanitaire des éléphantes, a réagi Brigitte Bardot, qui s'était proposée de les recueillir au sein de sa fondation. On n'a pas le droit moral de faire abattre des animaux par principe de précaution.» «On va désormais pouvoir faire de nouveaux tests et voir où en est leur état sanitaire», s'est réjoui Gilbert Edelstein, le directeur du cirque Pinder, ravi de voir «sortir Baby et Népal du couloir de la mort». Pour autant les deux éléphantes ne sont pas complètement tirées d'affaire. La décision du Conseil d'État est provisoire. Leur sort est désormais entre les mains du tribunal administratif de Lyon qui sera amené à se prononcer sur le fond de l'affaire. Et s'il estime à son tour que l'euthanasie est une mesure disproportionnée, le préfet ne pourra plus ordonner la mise à mort des éléphantes.