« Les personnels sont vraiment à bout»

Elisa Riberry
— 
La moitié du personnel dénonce le malaise social.
La moitié du personnel dénonce le malaise social. — C. Villemain / 20 minutes

Les premières tensions sont apparues en 2008. Depuis, la situation ne semble pas s'être arrangée à la Sacoviv, société anonyme de construction de la ville de Vénissieux, où certains personnels montrent des signes de mal-être.Tout a commencé, selon la CFDT qui suit le dossier, à l'arrivée du directeur délégué de la société, dont les pratiques managériales sont fortement remises en cause. «Il fait subir à ses salariés des choses qui n'ont pas lieu d'être. Son management est dangereux», explique Patrick Quintela, responsable juridique CFDT au sein du collectif de salariés. Cela va, selon les témoignages, de jours de congés payés supprimés, jusqu'aux «brimades» et aux «humiliations». «Il a cassé des gens psychiquement», ajoute le délégué.

Une «souffrance mentale»


Une procédure aux prud'hommes est en cours après un licenciement jugé abusif. Trois membres du personnel seraient arrêtés pour dépression. Un malaise confirmé fin 2012 par la médecine du travail. Dans un courrier adressé à la direction, que 20 Minutes s'est procuré, le médecin fait état «d'une situation alarmante concernant la souffrance mentale au sein de l'entreprise». Il note «des décompensations psychologiques et un stress permanent» chez certains des 15 salariés (sur 38) qu'il a reçus en 2011 et 2012. «Si aucune mesure n'est prise pour améliorer les conditions de travail, je suis très inquiet pour la santé mentale et physique de vos salariés», note-t-il. Depuis cette alerte précédée en 2009 d'un premier courrier, «rien a été fait par les responsables de la Sacoviv et les élus de la majorité. Ces personnels sont vraiment à bout», déplore Christophe Girard, conseiller municipal d'opposition (divers droite), qui souhaite que la mairie, actionnaire à 70 % du bailleur, prenne le problème à bras le corps. «On a tenu compte de l'alerte du médecin. Des rencontres ont eu lieu depuis, assure le directeur délégué de la Sacoviv Patrick Guyard. Pour le reste, il y a trois employés qui demandent mon licenciement. On leur a proposés du soutien, l'aide d'un cabinet extérieur, ils refusent. Pour eux, mon départ va tout régler. »