L'agence qui refuse le gâchis

ELISA RIBERRY

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Stéphanie Goujon a dévoilé mardi les ambitions de son association à Lyon.
Stéphanie Goujon a dévoilé mardi les ambitions de son association à Lyon. — C. Villemain / 20 minutes

Depuis peu, à L'Olivier des Sages, dans le 3e, des ateliers bien-être sont proposés aux femmes de plus de 55 ans isolées et démunies. Une nouveauté rendue possible grâce au partenariat noué par cette association de lutte contre l'exclusion avec l'Agence du don en nature (ADN), qui lui fournit des cosmétiques et produits d'hygiène neufs destinés à être jetés. Fondée à Paris en 2008, l'ADN vient de s'implanter à Lyon, avec comme objectif de réduire le gaspillage non alimentaire, cher et peu écologique pour les entreprises, et d'en faire profiter les plus démunis. «Chaque année en France, 400 millions d'euros de produits de marque neufs (fin de série, matériel à petit défaut…) sont détruits par les industriels. Et 8, 6 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté », explique Stéphanie Goujon, déléguée générale de l'association ADN.

Des entreprises à convaincre


L'ADN est donc devenue «la passerelle» entre les industriels et les associations. «Nous récupérons les surplus, nous les stockons et nous les donnons», ajoute Christian Ringuet, un ancien dirigeant de Seb devenu ambassadeur bénévole de l'ADN à Lyon. Une ville où 16 associations bénéficient déjà, à très bas prix ou gratuitement, de produits d'entretien, d'hygiène, de vêtements ou petit électroménager. Ces structures ne voient que des avantages à la création de l'antenne lyonnaise. Le coût du transport des marchandises entre Paris et Lyon, laissé à la charge des associations, sera moins élevé. «Nous espérons aussi que le nombre de produits disponibles en ligne progressera», ajoute Alain Murat, président de la Croix-Rouge à Villeurbanne. Car si le concept rencontre un vif succès dans le milieu associatif, il reste méconnu des industriels. «Nous gérons la pénurie. Nous n'avons pas assez de produits. Nous devons nous faire connaître davantage auprès des entreprises», explique Stéphanie Goujon. Après Seb, partenaire historique de l'agence et Maped, fabricant de fournitures scolaires en Haute Savoie, l'ADN vise les dix entreprises mécènes en 2015 dans la région.

■ Un millier d'associations bénéficiaires en 2015

Depuis sa création, l'ADN a redistribué pour 22 millions d'euros d'invendus et vise les 100 millions en 2015 et les 1 000 associations bénéficiaires (350 aujourd'hui). Pour cela, elle devra convaincre au moins 150 entreprises (65 actuellement) de s'associer à son action.