Lyon repousse d'un an la mise en place de la réforme

Caroline Girardon

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Depuis 20 ans, Lyon est habituée 
à la semaine de quatre jours
Depuis 20 ans, Lyon est habituée à la semaine de quatre jours — C. VILLEMAIN / 20 minutes / Archives

Une fois de plus, Gérard Collomb marque son indépendance vis-à-vis du gouvernement et de ses amis socialistes. Alors que Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale, multiplie les efforts pour imposer la réforme sur les rythmes scolaires avant la rentrée 2013, le maire (PS) de Lyon a déjà pris sa décision. Il préfère attendre la rentrée 2014. Contrairement à Villeurbanne, Saint-Priest ou Rillieux-la-Pape qui franchiront le pas, cette année.

Du temps pour discuter


A Lyon, habituée depuis vingt ans à la semaine de quatre jours, bon nombre d'enseignants peinent à trouver un intérêt au changement promis. La nouvelle d'un report a été accueillie avec soulagement par la majorité d'entre eux. «La grève et la manifestation du 12 février qui ont été très suivies ont donné au maire matière à réfléchir, indique Yannick Ledu, co-secrétaire départemental du Snuipp. On avait demandé que des tables rondes et des discussions se mettent en place afin d'arriver à un consensus. Mais jusqu'à présent, il n'y a pas eu de dialogue.» «On a toujours milité pour le report de la réforme en 2014 car l'échéance de la rentrée 2013 était bien trop proche, se félicite Hélène Cotaz-Bertholet, déléguée générale de la PEEP, fédération de parents d'élèves. L'essentiel est de commencer les discussions dès aujourd'hui pour répondre aux questions des parents. Beaucoup sont inquiets et se demandent combien ça va coûter, comment ils vont devoir s'organiser ou que va devenir le soutien scolaire.»

La FCPE, autre fédération de parents d'élèves, est beaucoup plus sceptique. «Nous sommes évidemment déçus que le maire ne tente pas l'aventure dès 2013, réagit Anne Magnin-Baghe, administratrice départementale. La semaine de quatre jours est une aberration. Cette réforme propose des rythmes beaucoup plus adaptés à l'apprentissage. Le fait de la repousser va encore faire perdre un an aux élèves.»