Une série de viols effraie le campus

Élisa Riberry

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A Lyon-III, sur le site de la Manufacture des Tabacs, la rumeur concernant les viols circulait depuis des semaines.
A Lyon-III, sur le site de la Manufacture des Tabacs, la rumeur concernant les viols circulait depuis des semaines. — C. Villemain / 20 minutes

Anne-Sophie, Nina et Wendy ont entendu parler d'un violeur en série agissant dans le 8e arrondissement il y a plusieurs semaines. Ces trois étudiantes de Lyon-III savent désormais que la rumeur qui courrait sur les réseaux sociaux et les campus disait vrai. «Une information judiciaire a été ouverte après cinq agressions sexuelles et viols commis depuis le mois d'octobre sur des jeunes filles dans le 8e.

Ces faits sont susceptibles d'être imputés à la même personne», a indiqué lundi à 20 Minutes le parquet, qui pour les besoins évidents de l'enquête, aurait sans doute préféré que l'affaire ne s'ébruite pas. Mais vendredi, les présidents des universités Lyon-I et Lyon-III, dont certains campus sont situés en plein cœur du 8e, ont adressé un courriel à leurs étudiants les invitant à faire preuve de prudence «dans leurs déplacements».

Sous la menace d'un couteau


Peu d'informations ont filtré lundi concernant le mode opératoire de l'agresseur, que certains surnomment déjà à Lyon le «serial violeur». Seules informations concédées par une source proche du dossier, l'homme agirait la nuit, sous la menace d'un couteau et aurait blessé à l'arme blanche certaines de ses victimes.

Des détails qui, lundi déjà, étaient connus de la plupart des étudiantes de Lyon-III, sur le campus de la Manufacture des Tabacs (8e). «ça fait un moment qu'on entend tout et n'importe quoi sur ce violeur en série. Je n'écoute pas tout, mais dans le doute, j'ai complètement changé mes habitudes », explique Nina. Désormais, au-delà de 21 h, cette jeune fille de 19 ans ne sort plus seule et rentre de soirée en taxi.

«C'est un peu la psychose à la fac. ça fait peur cette histoire. En plus, on se dit que ça peut être n'importe qui. Si ça se trouve, c'est quelqu'un qu'on croise tous les jours à l'université », ajoute Wendy. Anne-Sophie, étudiante en droit, prend l'information encore plus au sérieux depuis le courriel envoyé vendredi par le président de Lyon-III Jacques Comby. «Ils ont bien fait de nous alerter pour que l'on ne prenne pas cela à la légère, indique la jeune fille qui comptait aller travailler tard à la bibliothèque universitaire lundi soir. Mais j'ai renoncé pour ne pas rentrer seule. Mieux vaut être prudente», lâche-t-elle.