Miribel-Jonage en eaux troubles

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Le Grand Parc de Miribel-Jonage prend des allures de champ de bataille politique. La gestion de cet espace naturel aux portes de Lyon est secouée par un conflit qui oppose le conseil général du Rhône, fondateur et principal financeur du parc, au Symalim, le syndicat mixte regroupant les collectivités locales propriétaires des 2 200 hectares de plans d'eau et de bois. Le département, membre du Symalim, refuse de verser les 2 millions d'euros qu'il doit apporter en 2006 au budget du syndicat. Il a pourtant été mis en demeure de payer la note au 30 septembre. Mais il continue de traîner des pieds malgré un rappel à l'ordre, cet été, de la chambre régionale des comptes. « Je regrette que le conseil général n'ait que 6 sièges sur 27 au conseil syndical alors qu'il participe à 40 % des dépenses de fonctionnement et 49 % pour l'investissement », justifie Michel Mercier, président UDF du conseil général, dont les six représentants ne siègent plus depuis 2004. « Mais le département doit assumer ses obligations », insiste René Beauverie, président (PS) du Symalim depuis 2001, qui admet que la « représentativité du conseil général est insuffisante ». Il a d'ailleurs récemment proposé que le département passe de 22 % à 34 % des sièges. Refus de Michel Mercier qui souhaite depuis une dizaine d'années en obtenir la moitié. « Sans cet argent, des dossiers traînent. On va être obligés de faire des emprunts inutiles », regrette René Beauverie. D'autant que le Symalim vient de s'engager dans un ambitieux plan directeur sur dix ans, destiné à mieux aménager et protéger le parc. Un document signé par tous les financeurs... sauf le conseil général du Rhône.

F. Crouzet

Situé à l'est de Lyon, entre le canal de Miribel et celui de Jonage, le Grand Parc accueille chaque année 4 millions de visiteurs. Il comprend 350 hectares de plans d'eau et abrite sept cents espèces végétales.