L'Hôtel-Dieu troque sa blouse pour la toque

Elisa riberry

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Le passage de l'Hôtel-Dieu sera dédié à la cuisine (illustration).
Le passage de l'Hôtel-Dieu sera dédié à la cuisine (illustration). — ASYLUM

L'histoire médicale de l'Hôtel-Dieu sera-t-elle sacrifiée au profit de la cité de la gastronomie ? La dernière version du projet de reconversion de l'ancien hôpital, présentée jeudi, ne fait en tout cas plus mention du Grand musée de la Santé, un temps envisagé. Sur les 51 000 m2 qui seront transformés d'ici à 2017 en commerces, restaurants, cours et jardins, hôtel 5 étoiles, logements et bureaux… seuls 3 600 m2 seront réservés, autour du petit dôme, à «l'espace muséal».

Cette partie abritera bien les collections du musée des HCL et des expositions sur les thèmes de la santé et de la nutrition. Mais elle sera avant tout «le cœur de la Cité de la gastronomie», selon Bernard Vitiello, directeur du projet Grand Hôtel-Dieu chez Eiffage. Une vision bien éloignée du projet de petite Cité des Sciences porté par le professeur René Mornex pour valoriser les savoirs faires de la médecine lyonnaise.

Un parcours du goût de 15 000m


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«Ce projet n'a jamais été très clair», confie l'un des acteurs de la reconversion. La question de son financement non plus. Aussi, lorsque la Cité de la gastronomie a émergé il y a quelques mois, personne n'a hésité. Le maire PS de Lyon, qui n'a jamais souhaité financer le musée de la Santé, a accepté de participer à hauteur de 3 millions à la création de la Cité culinaire (18 millions d'euros). «Elle va faire rayonner Lyon. S'il doit y avoir un parcours de la gastronomie en France, Lyon et l'Hôtel-Dieu ne peuvent pas être exclus», rappelle Gérard Collomb.

La cité sera en fait un parcours du goût de 15 000 m2. La déambulation conduira le visiteur dans le passage de l'Hôtel-Dieu, dédié à la cuisine et aux métiers de bouches, et la cour Saint Martin, où se tiendra un marché du terroir. «Il y aura un centre de formation pour les chefs et des expos sur les cuisines du monde, ajoute l'architecte du projet Albert Constantin, qui défend l'idée d'une mémoire préservée. Avant d'être un centre de soin, l'Hôtel-Dieu était un lieu d'accueil pour les pauvres, un espace ouvert. On va retrouver ce côté-là en redonnant ce lieu aux Lyonnais.»