Quand Yves Chauveau impressionnait White Hart Lane

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L'OL revient ce jeudi à White Hart Lane, l'antre de Tottenham, plus de 45 ans après y avoir signé son premier grand exploit en Coupe d'Europe lors d'un quart de finale retour de Coupe des vainqueurs de Coupes disputé le 13 décembre 1967. Un match épique remporté en vain par le club londonien (4-3), éliminé au nombre de buts inscrits à l'extérieur (0-1 à l'aller) et dont Yves Chauveau fut le principal héros. «J'en ai pourtant pris quatre ce jour-là, rappelle l'ancien gardien lyonnais, âgé à l'époque de 22 ans. Mais si je n'avais pas été dans un bon jour, j'en aurais encaissé dix ou douze et il n'y aurait pas eu à crier au scandale. J'avais à peine le temps de me relever que ça revenait de tous les côtés.»

Pour celui que la presse anglaise avait surnommé «le diable» à l'issue du match, la qualification de l'OL a relevé ce jour-là du «miracle.» «Quelqu'un aurait parié sur nous, il serait devenu milliardaire. Nous étions des joueurs de deuxième niveau, mais nous nous battions. Nous nous sommes défendus tant bien que mal et nous avons réussi à exploiter au mieux le peu de ballons que nous avons eu.» La performance des partenaires d'Yves Chauveau fut d'autant plus marquante qu'elle avait été obtenue dans un contexte bien plus hostile que celui auquel les joueurs de Rémi Garde vont devoir faire face. Plus de 60 000 personnes s'étaient massées dans les tribunes de White Hart Lane qui ne peut plus en accueillir que 36 310 aujourd'hui. «Nous étions impressionnés, car nous n'avions pas l'habitude d'évoluer dans ce genre de stade très fermé, où le public est très proche. On se demandait à quelle sauce nous allions être mangés», souligne Yves Chauveau qui reste marqué par cette expérience. «ça m'aurait bien plu d'évoluer dans un club anglais, pour la mentalité, les pelouses», reconnaît celui qui a été l'un des joueurs les plus fidèles au maillot lyonnais (490 matchs disputés). S. M.

■ Mohamed Bouassa

Ce fut l'autre héros de l'OL à Tottenham. Titularisé à la surprise générale alors qu'il n'avait encore jamais été retenu en équipe professionnelle, cet attaquant marocain a inscrit le 3e but lyonnais, celui de la qualification pour les demi-finales. «Mais au tour suivant, contre Hambourg, il a commis deux erreurs qui nous ont coûté le match aller (2-0)», se remémore Yves Chauveau. Mohamed Bouassa, qui n'aura disputé que cinq matchs avec l'OL, a connu une triste fin puisqu'il a été poignardé à Casablanca, le 2 avril 1971, alors qu'il n'était âgé que de 27 ans.