La vie des internes sur petit écran

Caroline Girardon

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Silvère (au centre) a accepté facilement de se livrer devant les caméras de télévision.
Silvère (au centre) a accepté facilement de se livrer devant les caméras de télévision. — E. Cancet/M6

Le premier jour de son internat, Maude s'en souviendra longtemps. Car la journée a bien failli tourner au cauchemar. La jeune fille de 27 ans a accepté d'être filmée par les caméras de M6 pour les besoins d'un documentaire, «Vocation Médecin», qui sera diffusé ce jeudi soir à 20 h 50. «C'était mon tout premier jour et j'étais dans le service des urgences médicales à l'Hôpital Edouard-Herriot, raconte-t-elle. Il y avait l'appréhension de la première fois, j'étais déjà un peu stressée. Mais au final, j'étais perdue et j'ai eu l'impression d'être complètement nulle.» Manquant de confiance en elle, la jeune femme se voit confier ce jour-là un patient qui lui donnera des sueurs froides. «Il a fait une hémorragie digestive. Il allait bien mais d'un seul coup, son état s'est dégradé, poursuit Maude. Il s'est mis à vomir du sang, on a dû le transférer au bloc. Je n'avais jamais été confrontée à ça et je ne savais pas du tout quoi faire. Je me suis sentie tellement impuissante et j'ai réalisé qu'il me restait du chemin à faire.»

Montrer la réalité


Silvère a lui aussi dû parfois se surpasser devant les caméras de télévision. Le jeune homme, qui a désormais terminé ses études et travaille comme médecin généraliste remplaçant, était à l'époque du tournage en poste aux urgences pédiatriques de l'hôpital Mère Enfant de Bron. «Il y a souvent une méfiance envers les internes, explique-t-il. Ce documentaire va permettre aux gens de découvrir ce que sont nos vies, de montrer nos responsabilités. C'est un peu pénible d'être toujours considéré comme un étudiant en médecine alors que l'on pratique depuis six ans.» En témoigne cet extrait du reportage où Silvère est confronté à un adolescent de 13 ans fortement alcoolisé. «J'ai eu beaucoup de difficultés à gérer la mère particulièrement agressive», dévoile-t-il. «J'espère que cette émission permettra de dédramatiser et de montrer aux gens que nous sommes capables de les soigner», conclut Maude.