CCI : le personnel dénonce la pression

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Crise sociale à la chambre de commerce et de l'industrie de Lyon (CCI). Dans un courrier adressé mardi à la direction et aux élus de la CCI, les représentants du personnel ont annoncé la démission de leur mandat. Et dénoncé le « climat social dégradé », les « lourdes pressions », des cas « de harcèlement moral et sexuel » et « la peur de la répression ». Ce déballage inhabituel fait suite à la tentative de suicide d'un salarié de la CCI lundi. Selon la direction, l'homme venait d'apprendre qu'il n'avait pas été retenu pour un poste à l'extérieur de la CCI. Il a tenté de se jeter d'une fenêtre du palais de la Bourse (2e) avant d'être rattrapé par un directeur. « Il était la cible de fortes pressions morales et d'humiliations », précisent les représentants du personnel qui déplorent « de façon plus générale de nombreux problèmes de management », comme la valse des directeurs généraux ou la « mobilité forcée ». Il y a deux ans, la CCI s'est engagée dans une vaste réorganisation des services « pour mettre l'entreprise au coeur de ses priorités ». « Cela a chamboulé pas mal de monde », indique un cadre de la CCI pour qui ce climat dégradé est « aussi lié à la guéguerre que se livrent le Medef et la CGPME (petits patrons) ». Contre toute attente, les deux syndicats patronaux, de culture très différente, avaient fait alliance lors des élections de 2004 et s'étaient partagé les postes. L'actuel président Jean-Paul Mauduy du Medef doit céder sa place à mi-mandat, en juin 2007, à Guy Mathiolon, de la CGPME.

Frédéric Crouzet

Forte d'un budget de 150 millions d'euros, la CCI de Lyon emploie un millier de personnes et gère notamment l'aéroport de Saint-Exupéry. Ses membres sont élus pour cinq ans par les chefs d'entreprise.