Des tarifs qui mènent grand train

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« Ce TGV a été fondamental dans mon choix de vie. » Pierre-Yves Genon, 39 ans, a quitté Paris avec sa femme et ses quatre enfants en 1999. Direction Tassin-la-Demi-Lune. « Le prix de l'immobilier divisé par deux, le cadre de vie, les transports nombreux, le ski l'hiver... Ce compromis nous a décidés à venir vivre ici », raconte ce directeur administratif d'une entreprise basée à Gerland (7e). Un seul inconvénient : « On dépend encore trop de la capitale pour ce qui est des sièges sociaux. Pendant deux ans, j'ai dû retravailler à Paris, en prenant le TGV deux fois par semaine. » Aujourd'hui, Pierre-Yves prend le TGV deux à trois fois par mois, pour des réunions internationales à Paris et Roissy, « mais en un peu plus de deux heures, je reviens chez moi, à Tassin, au calme », apprécie-t-il.

Tous les jours, vingt-trois TGV relient Lyon à Paris – deux fois plus qu'il y a vingt-cinq ans. Soit jusqu'à 1 020 places, occupées à 80 % par des professionnels. Les ventes avec les entreprises ayant doublé, le taux de remplissage de cette ligne atteint 70 %, ce qui en fait la première de France.

Et le TGV pour le grand public ? « C'est le point faible. Les prix élevés excluent les salaires modestes. Des rames à moitié vides en 1re classe et bourrées de monde en 2de, ce n'est pas normal », reconnaît Jean-Claude Chausse, responsable de la FNAUT Rhône-Alpes, qui défend les usagers.

« Un Lyon-Paris en plein tarif à 59 e, c'est le prix du marché, explique un responsable à la SNCF. Le confort, la rapidité, et l'arrivée en centre-ville sans contrainte, ça se paye. » La SNCF renouvelle son conseil « maison » : s'abonner, ou anticiper si possible son départ, de quatorze à quatre-vingt dix jours, en réservant des billets Prem's, permettant d'obtenir 50 à 60 % de réduction. Malgré le succès inégalé du Lyon-Paris, les prix de ce TGV ne baisseront pas.

Bertrand Cabanis