Ils se mobilisent contre les vendeurs de liste

Caroline Girardon
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C. VILLEMAIN/20 MINUTES

Lorsque Joanna a quitté sa ville de Dijon pour débarquer à Lyon, il y a trois ans et demi, elle ne connaissait pas grand monde. En quête d'un logement et manquant d'expérience, elle s'est alors tournée vers une agence immobilière «la moins chère possible». «Pour 180 €, ils m'ont vendu une liste de logements soi-disant disponibles, raconte l'étudiante en anglais. Mais je n'ai eu aucun rendez-vous. Soit les numéros affichés n'existaient pas. Soit les propriétaires nous répondaient que leurs biens n'étaient plus à louer ou alors les logements étaient tellement vétustes qu'on ne pouvait pas vivre dedans.» Comme beaucoup d'autres étudiants, Joanna a été victime de «vendeurs de liste», une pratique courante qui a fait son apparition dans les années 1970.

Un collectif d'étudiants vient de lancer une pétition pour demander à Cécile Duflot, ministre du Logement, l'interdiction de ces pratiques et la fermeture des agences incriminées.

« C'était à la limite de l'insalubrité »


Samedi, ils ont envahi l'une d'entre elles, située quai Gailleton (2e), réclamant d'être remboursés. Une opération qu'ils renouvelleront ce samedi. «Seulement 5 % des étudiants trouvent finalement un logement convenable grâce à ces listes. Les autres paient pour ne rien avoir ou presque», explique Léa Paire-Ficout, présidente de la confédération étudiante. Un peu comme Lisa, qui dans la précipitation a finalement accepté un logement qui ne lui convenait pas. «C'était à la limite de l'insalubrité, le sol n'avait pratiquement plus de lino. La propriétaire n'y avait visiblement pas mis les pieds depuis quatre ans. Peu scrupuleuse, elle s'est permise de relouer le studio, d'en augmenter le loyer en indiquant qu'il avait été refait à neuf alors qu'elle n'avait changé que le lino.»

«Ces pratiques sont scandaleuses, s'insurge Léa Paire-Ficout. La plupart des agences disent avoir des annonces exclusives à proposer alors qu'elles les ont reprises sur des sites ou des journaux gratuits.» L'agence que nous avons contactée pour s'expliquer n'a pas répondu à notre demande d'interview.