La Part-Dieu, quartier à grande vitesse

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C'est un député du Rhône, un certain... Raymond Barre, qui a voulu en 1978 la construction d'une gare plus commode, d'un coût de 50 millions d'euros, sur 46 hectares, à la Part-Dieu (3e). A 800 mètres seulement de la gare des Brotteaux (6e), remplacée car désuète. « Injustifié », « gouffre financier », s'insurgent alors certains. Mais le 13 juin 1983, le « Lyon-Brotteaux, 2 minutes d'arrêt » retentit une dernière fois. « L'arrivée du TGV en 1981 a été décisive, il fallait une gare moderne. On a construit le bébé TGV, même si je n'ai pas eu le budget pour faire une gare aussi belle qu'à Saint-Exupéry ! », se souvient Charles Delfante, architecte de la gare.

En 1983, le trafic du TGV Paris-Lyon a déjà triplé, la gare de Perrache sature, la SNCF veut étendre le réseau... Avec ses escalators et ses nombreux guichets, Part-Dieu « avale » d'emblée 35 000 voyageurs par jour. Autour, finies les friches désertes, les immeubles poussent dans le nouveau quartier d'affaires lancé en 1975. Premier effet TGV. « Nos ingénieurs prennent le métro à Charpennes, puis le TGV de 6 h, pour être à la réunion de 9 h au siège à Paris, et ils repartent à 17 h. Avec deux heures de TGV, on n'a même pas de frais d'hôtel, c'est très pratique », explique Patrick Curtil, d'EDF-Septen, l'entreprise basée depuis 1983 à Villeurbanne, derrière la Part-Dieu.

Aujourd'hui, autour de la gare et du centre commercial, un deuxième centre-ville s'agite, avec 1,6 million de mètres carrés de bureaux, soit le deuxième pôle tertiaire français après La Défense. « Il y a quatre ans, on peinait, se rappelle une employée de Buro-Club, installé dans la tour Crédit Lyonnais. Maintenant, même chers, les trente-cinq bureaux affichent toujours complet, on en loue certains à la journée. Les liaisons TGV avec Paris, Marseille, Bruxelles et Londres ont tout changé, l'adresse est devenue prestigieuse. » Le meilleur rapport qualité-prix de l'immobilier par rapport à Paris ajoute de l'attrait. La SNCF, elle-même, va s'installer dans la nouvelle tour Oxygène. On va aussi habiter de plus en plus la Part-Dieu, en témoigne la construction de logements à La Buire.

Bertrand Cabanis