Moins de crédits, plus de souffrances psy

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Leur collaboration est mise en danger. Hier, la mairie de Rillieux et le chef du service psychiatrie du centre médico-psychologique (CMP) de la ville, Gilles Burloux, ont dénoncé les conséquences « dramatiques » des restrictions budgétaires en psychiatrie. Engagés depuis 1999 dans une charte pour la santé mentale, la ville et le CMP (rattaché au Vinatier de Bron) avaient pris l'habitude de travailler ensemble, en lien avec les acteurs sociaux et la gendarmerie, pour améliorer le dépistage des troubles mentaux. « Ces maladies sont l'une des causes de l'insécurité et des problèmes de voisinage en ville. Il était essentiel de faciliter l'accès aux soins des personnes en souffrance », indique le maire (PS) de Rillieux, Renaud Gauquelin. « Mais l'évolution purement comptable de la psychiatrie en France ne nous donne plus les moyens de continuer notre travail en réseau », s'insurge son premier adjoint, Jacky Darne.

En trois ans, le service de Gilles Burloux, composé de trois praticiens hospitaliers pour un secteur couvrant 52 000 habitants, a perdu un poste d'assistant et un interne. Dans le même temps, les demandes de consultation et d'hospitalisation ont doublé. Résultat : le délai d'attente pour une consultation est passé à trois mois et la durée d'hospitalisation a été revue à la baisse, faute de lits. « Les patients qui sortent ne sont pas soignés », ajoute Gilles Burloux. « Les troubles qui auraient pu être guéris se transforment en pathologies explosives », s'inquiète la mairie, soucieuse d'être entendue par le ministère de la Santé sur ce sujet.

Elisa Frisullo

Entre 1998 et 2005, le nombre de personnes ayant consulté au moins une fois par an est passé de 700 à 1 112 au centre médico-psychologique de Rillieux. En 2004, le CMP a accueilli 7 000 personnes