Les raisons de l'échec lyonnais

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Les chefs, le 1er octobre. (Archives)
Les chefs, le 1er octobre. (Archives) — C. VILLEMAIN/20 minutes


Comment celle qui se revendique «capitale mondiale de la gastronomie» a-t-elle pu se faire évincer de la sorte ? Vendredi, la candidature de la ville de Lyon, terre de chefs étoilés, n'a pas été retenue pour constituer le socle d'un futur réseau de cités de la gastronomie. Tours, Rungis et Dijon lui ont été préférées. Néanmoins, elle n'est pas encore tout à fait exclue du projet. À condition «de faire un effort ». 



Manque de « panache »



Lyon a jusqu'à mi-avril pour améliorer sa copie. Car si la ville de Bocuse a été sanctionnée, c'est en partie à cause d'un dossier peu convaincant. Jean-Robert Pitte, président de la Mission française du patrimoine, ne le cache pas. «Lyon n'a pas assez pris au sérieux ce dossier, lâche-t-il dans L'Express. Elle proposait moins de 4 000 m² sur le site de l'Hôtel-Dieu (qui en compte 55 000). C'était tout à fait insuffisant, et cela n'avait pas de sens. Le lieu est certes prestigieux, mais essentiellement dévolu à un opérateur privé -Eiffage- pour d'autres projets absolument pas en rapport avec la cité de la gastronomie.» Selon l'opposition, l'attitude et les «atermoiements» de Gérard Collomb expliquent en partie cet échec. «Il n'a pas su prendre ce dossier avec le panache qu'il méritait», estime Marc Augoyard, conseiller au Grand Lyon. «Il n'a pris conscience de l'enjeu que tardivement», fustige l'UMP Michel Havard. Lors du rassemblement des chefs le 1er octobre pour la photo officielle, le maire de Lyon avait brillé par son absence, au grand regret des participants. ■  C.G