Petits Roms cherchent école

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Si le bidonville de Saint-Priest n'avait pas été évacué avant la rentrée, les enfants de Nadia Kovaçu seraient en train d'apprendre le français. Au lieu de cela, Maniela, 7 ans, Andrea, 6 ans, et Koliça, 4 ans, reconstruisent un semblant de maison sur un terrain privé du quartier de la Soie, à Villeurbanne. Un site où certains Roms s'étaient déjà installés en 2002.

Vendredi, le collectif d'associations de défense des Roms a annoncé qu'un projet pilote d'intégration scolaire devrait prochainement voir le jour. « Nous étions prêts à tester le système dès la rentrée. Mais l'expulsion a retardé son lancement », regrette Yves Fournier, enseignant au sein de l'association Aide à la scolarisation des enfants tziganes (Aset). Sur 71 enfants recensés, 10 iraient dans une école de Saint-Priest, prête à les recevoir, et bénéficieraient ainsi d'un suivi scolaire. Les autres seraient pris en charge pendant trois mois par les enseignants de l'Aset et des bénévoles, avant d'intégrer une classe. « On va se battre pour que ce projet aboutisse. Mais les familles ont besoin d'un minimum de stabilité », note Isabelle Feutry, membre d'ADT Quart-Monde. Avant de lancer le dispositif, le collectif attend donc la décision du tribunal de grande instance de Lyon qui doit examiner, cet après-midi, une plainte du propriétaire du terrain squatté. « La scolarisation de Roms est un sujet délicat. Elle rend visible une population que certains ne veulent pas voir », souligne Yves Fournier.

Carole Bianchi