Fort risque d'embouteillages dans le Nord Ouest Lyonnais

Elisa Riberry

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Sur le terrain, des ouvriers s'affairent à régler les petits problèmes de dernière minute. Au PC sécurité du district de Tarare, les agents des Autoroutes du Sud de la France (ASF) sont concentrés sur leurs nombreux écrans de vidéosurveillance. Ce mardi matin, la chaussée qu'ils surveillent est vide. Mais dans quelques jours, près de 20 000 véhicules emprunteront queotidiennement l'A 89 entre la Tour-de-Salvagny (Rhône) et Balbigny (Loire). Une portion de 50 km qui sera inaugurée le 19 janvier et mise en service le 21 janvier, si l'Etat donne son feu vert. Pour les automobilistes, l'ouverture de cette portion, imaginée il y a 30 ans pour achever la liaison Clermont-Bordeaux, va changer la donne. Pour rejoindre Clermont-Ferrand depuis Lyon, ils n'auront plus besoin d'emprunter la vétuste A 47 jusqu'à Saint-Etienne puis l'A 72. «Avec l'A 89, les automobilistes devraient gagner une demi-heure», précise Fabrice Russo, chef de district de Tarare et Thiers chez ASF, concessionnaire de l'A 89. Pour lui comme pour les 60 personnels d'exploitation et de surveillance, l'ouverture de l'axe est un moment important. Elle marque la fin de quatre ans de chantier et de longues semaines de préparation.

Des mois de tests


« Nous sommes sereins. Cela fait un an et demi que l'on gère l'exploitation. Depuis septembre, les équipes sont là et ont appris à travailler ensemble, à tester toutes les procédures», explique Amelia Rung, directrice de l'exploitation dans la région Centre. Ces six derniers mois en effet, rien ne semble avoir été laissé au hasard. «Nous avons réalisé près de 200 exercices de préexploitation pour préparer la mise en service», indique Fabrice Russo.

Une importance particulière a été accordée à la sécurité dans les trois tunnels présents le long de l'axe. Des points sensibles comme l'est également la question de la viabilité hivernale. «En cas d'intempérie, nous sommes prêts à mobiliser 29 chasses neiges», assure ASF. Seule incertitude pour l'heure, le débouché de l'autoroute à la Tour-de-Salvagny, dans l'Ouest Lyonnais, où l'ouverture de l'A 89 risque fort d'être synonyme d'embouteillages...(lire encadré) ■

Si beaucoup se réjouissent de l'ouverture de l'A 89, d'autres grimacent. Comme à Dardilly, petite commune de l'Ouest Lyonnais, où l'on craint de voir déferler des milliers d'automobilistes supplémentaires chaque jour. Une appréhension légitime puisque l'axe débouchera à la Tour-de-Salvagny, à 5 km de l'A 6. Quelques kilomètres de nationale qui risquent d'être saturés, jusqu'à la réalisation de la liaison A 89-A 6, sans cesse retardée en raison de l'opposition des riverains et élus des communes que l'axe pourrait traverser. «ça fait dix ans que je dis que c'est une erreur de faire déboucher l'A 89 à cet endroit déjà sursaturé», confie Michèle Vullien, le maire de Dardilly, qui s'inquiète notamment de voir les automobilistes quitter la nationale encombrée pour se reporter sur les petits axes. «On va bricoler, faire des déviations, mais ça va être compliqué», avait estimé mi-décembre le préfet de région Jean-François Carenco qui espère voir cette jonction entrer en service en…2 017. ■ E.R.

■ Le prix des péages n'est toujours pas fixé

La construction de cette autoroute, qui traverse 22 communes et compte six échangeurs, huit viaducs et trois tunnels, a coûté 1, 5 milliard d'euros. Un investissement financé entièrement par ASF et qui devrait être rentabilisé par les recettes des péages, dont les prix n'ont pas encore été communiqués. Seule la portion l'Arbresle/Tour-de-Salvagny sera gratuite.