Ces vignerons qui prospèrent

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Dans le Beaujolais, vignoble affecté par une crise de surproduction et la concurrence des vins étrangers, il existe des viticulteurs heureux. Ainsi, Pierre-Marie et Martine Chermette, qui exploitent à Saint-Vérand le domaine du Vissoux. Le prestigieux guide de La Revue du vin de France vient de décerner deux étoiles à leur millésime 2005, une première dans le Beaujolais.

« Ça nous encourage. On espère que ça va pouvoir valoriser le vignoble et mieux le faire connaître », commentent, presque gênés, les Chermette. Ils font partie de la cinquantaine de viticulteurs – sur les trois mille du Beaujolais – à ne pas subir la crise. En quelques mois, chacun d'entre eux écoule sans problème un stock supérieur à plus de 100 000 bouteilles. Qualité, originalité et maîtrise des débouchés sont les clés de la réussite de ces vignerons. Tous mettent en avant leur travail d'orfèvre dans les vignes : taille courte pour maîtriser les rendements, enherbement pour gérer les excès d'eau, agriculture raisonnée ou biologique. « Nos vins sont personnalisés, signés », note l'atypique Jean-Paul Brun, qui vinifie en méthode bourguignonne ses morgon, fleurie et moulin-à-vent. « Chaque jour, nous nous adaptons à l'évolution de la vigne. Cela coûte très cher », poursuit Martine Chermette.

Ces viticulteurs au talent reconnu récoltent les fruits de leur patience et de leurs investissements. Certains ont commencé dès les années 1980 à vendre directement leurs vins à de grands restaurants ou à l'étranger, sans passer par un négociant. Grâce à des cuvées originales comme les vieilles vignes, des beaujolais rosés ou blancs, ils ont réussi à fidéliser leur clientèle. Pour Frédéric Sambardier, viticulteur à Denicé, la vente directe, encore peu développée dans le Beaujolais, est une des clés du succès. Aujourd'hui, il passe trois mois complets à l'étranger, dont un aux Etats-Unis. Résultat : 70 % de sa production est exportée. « Je fais du cousu main pour mes clients », note- t-il. Et pour 2007, ce jeune viticulteur qui fourmille d'idées veut ouvrir un gîte pour faire découvrir aux touristes le « riche terroir du Beaujolais ».

Carole Bianchi