L'immobilier guigne les vignes

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A quelques centaines de mètres du château médiéval de Montmelas-Saint-Sorlin, une villa de 7,20 m de hauteur sort de terre. Il y a encore un an, des vignes poussaient sur ce terrain du Beaujolais. Mais le propriétaire a préféré se séparer de ses terres pour renflouer ses caisses, vidées par la crise viticole.

De plus en plus de viticulteurs songent aujourd'hui à vendre leurs parcelles situées en zone constructible. « La vigne ne rapportait plus. J'ai décidé d'arracher et de vendre 2 hectares pour rembourser mes dettes », résume Marie-Madeleine Morel, propriétaire de 17 hectares à Montmelas. Le calcul est vite fait : un hectare de vignes AOC se négocie autour de 10 000 e. Le terrain à bâtir se vend cent fois plus cher. Depuis décembre 2005, 430 hectares sur les 22 000 que compte le vignoble ont ainsi disparu. Une pratique encouragée par les organisations viticoles, qui ont adopté un plan d'aide à l'arrachage afin de limiter la surproduction. D'ici à 2008, 3 000 hectares de vignes devraient être supprimés.

Pour l'instant, les constructions restent limitées, toutes les parcelles n'étant pas exploitables. Mais la pression immobilière grandit. « Des villages comme Pommiers ou Lachassagne, à 25 minutes de Lyon en voiture, connaissent une forte augmentation de population. La demande de logement est importante », constate Laurent Dubuy, gérant de l'agence Beaujolais Immobilier, à Villefranche. Pour éviter la spéculation et les constructions anarchiques, le conseil général envisage de préempter des terrains. Un questionnaire a été envoyé en juillet aux maires du Beaujolais. Et grâce aux réponses collectées, le processus devrait être lancé avant la fin de l'année.

Carole Bianchi