Les vendanges s'annoncent amères

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Le millésime 2006 a beau être prometteur, les viticulteurs du Beaujolais broient du noir. Alors que les vendanges débutent ce matin dans le vignoble, une majorité des trois mille vignerons de l'appellation souffrent pour la quatrième année consécutive de la crise qui frappe la filière viticole. En raison de la hausse du smic, certains vont avoir de grosses difficultés à payer les salaires des vendangeurs. D'autres ont préféré changer d'activité avant l'endettement. Et près de 150 hectares de vignes abandonnées ont été recensés. Du jamais vu dans le Beaujolais !

L'an passé, des vignerons avaient protesté contre une nouvelle baisse des rendements, qui devait, selon les syndicats, limiter la surproduction et la baisse des prix. Malgré la fronde, la mesure était passée. Et de nouveaux dirigeants avaient été élus à la tête des organisations professionnelles. Cette année, après la mise en place d'une mesure d'aide à l'arrachage, des accords interprofessionnels ont été signés en juillet afin d'améliorer la qualité du vin et de mieux gérer la production. Sans pénaliser les rares exploitations qui s'en sortent. « Il faut être offensif », martèle Bruno Matray, le nouveau président de l'Union viticole du Beaujolais. Car les ventes à l'export, qui représentent près de la moitié des débouchés du vignoble, sont peu florissantes. Et l'affaire Duboeuf n'a rien arrangé. La lourde condamnation, pour avoir mélangé des raisins d'appellations différentes, du principal ambassadeur du beaujolais à l'étranger, est venue ternir l'image d'un vignoble déjà en crise. « Il faut aujourd'hui le double de clients pour vendre la même quantité de vin qu'il y a quinze ans », constate Daniel Bulliat, président de l'appellation beaujolais-villages. « On sortira de la crise quand on saura bien commercialiser notre vin. »

Carole Bianchi